<295> Bréda, et le duc d'Aremberg,a qui demeure à Bruxelles. Peut-être pourrai-je aussi, par le ministère du prince de Lichtenstein, abréger à la marquise les longueurs qu'on lui fera souffrir à Bruxelles et à Vienne. Les juges de ces pays ne se pressent point dans leurs jugements. On dit que si la cour impériale devait un soufflet à quelqu'un, il faudrait solliciter trois ans avant que d'en obtenir le payement. J'augure de là que les affaires de la marquise ne se termineront pas aussi vite qu'elle le pourrait désirer.

Le vin de Hongrie vous suivra partout où vous irez. Il vous est beaucoup plus convenable que le vin du Rhin, duquel je vous prie de ne point boire, parce qu'il est fort malsain.

Ne m'oubliez pas, cher Voltaire; et, si votre santé vous le permet, donnez-moi plus souvent de vos nouvelles, de vos censures et de vos ouvrages. Vous m'avez si bien accoutumé à vos productions, que je ne puis presque plus revenir à celles des autres. Je brûle d'impatience d'avoir la fin du Siècle de Louis XIV; cet ouvrage est incomparable, mais gardez-vous bien de le faire imprimer.

Je suis avec toute l'estime imaginable et l'amitié la plus sincère, mon cher ami, etc.


a Léopold-Philippe, duc d'Aremberg, d'Arschot et de Croy, naquit à Mons en 1690. En 1737, il fut nommé feld-maréchal et général en chef des armées de l'Empereur dans les Pays-Bas. Il mourut en 1754, dans son château d'Hervelé. près de Louvain. Son corps fut transporté à Enghien. Voyez t XVII, p. 30, et t. III. p. 140, 146 et 156.