43. AU MÊME.

(Potsdam) ce 26 (août 1756).



Mon cher frère,

J'ai déjà écrit à la Reine, en adoucissant les choses autant qu'on peut les adoucir; ma sœur, à qui j'ai adressé la lettre, la lui remettra.

<135>Vous avez vu la pièce que j'ai envoyée à Klinggräff. Leur réponse est qu'ils n'ont point fait contre moi d'alliance offensive avec la Russie. La réponse est impertinente, haute et méprisante, et pour les sûretés que je leur demande, pas un mot; de sorte que l'épée seule peut couper ce nœud gordien.135-a Je suis innocent de cette guerre, j'ai fait ce que j'ai pu pour l'éviter; mais, quel que soit l'amour de la paix, il ne faut jamais y sacrifier sa sûreté et son honneur. C'est, je crois, de quoi vous conviendrez, vu les sentiments que je vous connais. A présent, il ne faut penser qu'à faire la guerre de façon à faire perdre à nos ennemis l'envie de rompre trop tôt la paix. Je vous embrasse de tout mon cœur. J'ai eu terriblement à faire.


135-a Frédéric partit pour l'armée le 28 août. Voyez t. IV, p. 92 et suivantes.