47. AU MÊME.

Gross-Döbritz, 10 (septembre 1758).



Mon cher frère,

J'ai aujourd'hui reçu toutes vos lettres; mais les chasseurs, au lieu de prendre le chemin le plus court, ont pris de grands détours, ce qui me les a fait tenir plus tard. Veuille le ciel que Daun passe la rivière, et qu'il ait ordre de tenter quelque chose! Ce serait mon salut. J'envoie Wensen212-a à Dresde, pour que je trouve la munition qui me sera nécessaire. Il en faut beaucoup, parce que malheureusement nos coïons, dans le milieu de l'action, disent qu'ils n'ont point de poudre; ils la tirent mal à propos pour s'en défaire, de sorte que<213> dans toutes les actions, à présent, j'ai un Pulverwagen213-a derrière chaque bataillon.

Vous me dites que votre terrain est trop étendu; occupez bien la première ligne, et si l'ennemi passe la rivière,213-b j'aurai soin de la seconde et de la réserve.

Je dînerai demain chez vous, à Dresde, si vous le voulez bien. Je n'amènerai que Seydlitz avec moi, et si vous pouvez en sûreté vous absenter du camp pour deux heures, je vous prie de venir à Dresde, mais de prendre en même temps de si bonnes mesures, que vous soyez d'heure en heure informé des moindres mouvements des ennemis. Mon camp de toute l'armée sera demain à un quart de mille de Kaditz. Adieu, mon cher frère; je me réjouis véritablement de vous revoir, et vous prie d'être persuadé de la parfaite tendresse avec laquelle je suis, etc.


212-a Probablement le capitaine Wendessen, aide de camp du Roi; il fut blessé à mort à la bataille de Kunersdorf.

213-a Char de munition.

213-b Vraisemblablement la Wesenitz, ou Wessnitz.