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1. AU PRINCE GUILLAUME IV D'ORANGE.

Berlin, 12 janvier 1735.



Monsieur mon cousin,

Jamais je n'ai tant eu d'obligation au changement d'année que je lui en ai pour cette fois, me procurant le plaisir de recevoir de vos lettres, mon cher prince, dans un temps où je craignais le plus d'être effacé de votre souvenir. Je vous suis infiniment redevable des vœux que vous faites pour ma personne, et je puis vous assurer en revanche que ceux que je fais pour la vôtre sont aussi réciproques que sincères, car il n'y a qu'à vous avoir vu pour vous aimer, et à vous connaître pour ne pouvoir vous refuser une entière estime. Ce sont des choses que j'ai apprises par expérience, et des sentiments dont je ne changerai de ma vie sur votre sujet. Il ne me reste qu'à vous faire mes remercîments, et à vous témoigner ma gratitude des soins que vous vous êtes donnés, tant pour donner de l'emploi au jeune Knobelsdorff que pour obtenir la détention2_145-a du pauvre Osten. Ce sont deux actions où vous avez fait également paraître votre naturel généreux et compatissant, et l'amitié que vous avez pour moi. Je ne me contente pas de vous dire que je me ferai un plaisir de vous être<146> utile à mon tour, mais je me réserve de vous prouver par les effets comme je suis avec une estime toute particulière,



Monsieur mon cousin,

Votre parfaitement affectionné
ami et cousin,
Frederic.


2_145-a Le mot détention est mis ici pour élargissement, comme au tome XVI, p. 55, 60 et 80. Voyez aussi t. VI, p. 46.