<176>

DU MILITAIRE DEPUIS SON INSTITUTION JUSQU'À LA FIN DU RÈGNE DE FRÉDÉRIC-GUILLAUME.

Les premiers électeurs de la maison de Brandebourg n'entretenaient aucune milice réglée; ils n'avaient qu'une garde à cheval de cent hommes, et quelques compagnies de lansquenets partagées dans les châteaux ou places fortes, dont ils augmentaient ou diminuaient le nombre selon le besoin. Lorsqu'ils appréhendaient la guerre, eux et les états convoquaient l'arrière-ban; c'était, pour ainsi dire, l'armement général de tout le pays : la noblesse devait former la cavalerie, et ses vassaux, enrégimentés, devaient composer l'infanterie de cette armée. Cette manière de lever des troupes et de former des aimées, était alors générale en Europe; les Gaulois, les Germains, les Bretons en avaient toujours usé de même; et elle s'est conservée encore jusqu'à présent chez les Polonais, qui appellent cet armement de toute la nation la Pospolite Ruszenie. De même que les Polonais, les Turcs ne se sont pas éloignés de cette coutume : à l'exception d'un corps réglé de trente mille janissaires qu'ils entretiennent, ils ne font jamais la guerre sans armer les nations de l'Asie Mineure, de l'Égypte, de l'Arabie et de la Grèce, qui sont sous leur domination.

Pour en revenir à l'histoire de Brandebourg, lorsque Jean-Sigismond se crut à la veille de recueillir la succession de Juliers <177>et de Berg, prévoyant qu'il serait obligé de soutenir ses droits par la force des armes, il ordonna un armement général de sept cent quatre-vingt-sept chevaliers, qui se trouvèrent au lieu de l'assemblée. Il en choisit quatre cents des plus lestes; la noblesse fournit d'ailleurs mille fantassins, sans compter les piquiers, dont le colonel Kracht204-a reçut le commandement; et de plus, les villes mirent deux mille six cents hommes en campagne. Ces troupes étaient entretenues aux dépens des états, et, pour l'ordinaire, elles ne recevaient la paye que pour trois mois, terme après lequel chacun s'en retournait chez soi. L'Électeur nommait les officiers; et dès que le besoin de ces armements cessait, ces troupes étaient licenciées tout à fait. La régence orageuse de George-Guillaume nous fournit quelques exemples de ces sortes d'armements.

En 1620,204-30 à l'occasion de la guerre de trente ans, les états levèrent des troupes, en leur donnant le privilége de faire des quêtes dans tout le pays pour fournir à leur subsistance; les paysans avaient ordre de leur donner un liard chaque fois qu'ils gueuseraient, et des coups de bâton s'ils ne s'en contentaient pas. Que produisit cet arrangement ridicule? au lieu d'acquérir des soldats, le prince n'établit qu'un corps de mendiants.

L'an 1623, la cour enjoignit par un édit à tous les sujets, à l'exception des prêtres et des échevins, de se rendre avec armes et bagage à un lieu marqué, où des commissaires devaient les passer en revue : on choisit de ce nombre trois mille neuf cents hommes, qui furent partagés en vingt-cinq compagnies d'infanterie, et en dix escadrons.

Après la paix de Prague, le comte de Schwartzenberg persuada à George-Guillaume d'augmenter ses troupes, et de les entretenir moyennant les subsides que les Espagnols et l'Empereur lui payeraient. Selon le projet de ce ministre, le nombre devait en être porté à vingt-cinq mille hommes.

Les levées se firent; et ces troupes prêtèrent serment à l'Empereur et à George-Guillaume. Lorsqu'elles passèrent en revue à Neustadt-Eberswalde, on en fit le dénombrement suivant, savoir :

<178>
INFANTERIE.CAVALERIE.
GRADES DES COMMANDANTES.NOMS DES RÉGIMENTS.NOMBRE DES FANTASSINS.GRADES DES COMMANDANTES.NOMS DES RÉGIMENTS.NOMBRE DES CAVALIERS.
Le généralKlitzing850ColonelsJean Rochow500
ColonelsKracht205-a960Ehrentreich Burgsdorff500
Brugsdorff1300Lieutenants-colonelsPotthausen500
Dargitz700Schapelow350
Volckmann700Goldacker160
Didier Kracht660Erichson350
Rochow205-b980Vorhauer190
Lieutenants-colonelsMintzich205-c550 Dragons350
Waldow-Kehrberg1300   
 Total des fantassins8000 Total des cavaliers2900
Goldacker206-c200  
Total des fantassins3600Total des cavaliers2500

<179>Klitzing, qui commandait ce corps, est le premier général dont il soit fait mention dans l'histoire du Brandebourg. Ces troupes furent augmentées et diminuées selon les temps, les moyens et les occasions : mais elles ne passèrent jamais onze mille hommes. George-Guillaume laissa, en mourant, la milice suivante à son fils :

INFANTERIE.CAVALERIE.
NOMS DES RÉGIMENTS.NOMBRE DES FANTASSINS.NOMS DES RÉGIMENTS.NOMBRE DES CAVALIERS.
Burgsdorff206-a800Goldacker206-d900
Kracht206-b600Lütke600
Volckmann800Rochow206-e1000
Trotha1200  
Goldacker206-c200  
Total des fantassins3600Total des cavaliers2500

Frédéric-Guillaume parvint à la régence dans un temps de calamité. Pour soulager ses provinces, épuisées d'hommes et d'argent, il fit une réforme dans ses troupes : la cavalerie, sur ce qu'elle refusa de lui prêter le serment ordinaire, fut congédiée; et l'Électeur, afin de s'en faire un mérite auprès de l'Empereur, lui céda deux mille chevaux; l'Électeur ne conserva que deux cents maîtres et deux mille fantassins, qui formaient les régiments des gardes, de Burgsdorff, de Trotha et de Ribbeck.

Frédéric-Guillaume fut le premier électeur qui entretint à son service un corps d'armée discipliné régulièrement. Les bataillons d'infanterie étaient composés de quatre compagnies, à cent cin<180>quante têtes chacune; un tiers du bataillon était armé de piques, le reste avait des mousquets; l'infanterie portait des habits d'ordonnance et des manteaux. Les cavaliers se pourvoyaient eux-mêmes d'armes et de chevaux; ils avaient la demi-armure; ils combattaient par escadrons, et ils menaient souvent du canon avec eux.

En 1653,207-a il survint une brouillerie entre l'Électeur et le palatin de Neubourg, touchant la succession de Clèves. A cette occasion, l'Électeur augmenta ses troupes : il leva cinquante-deux compagnies de cavalerie, et quatre-vingt-deux compagnies d'infanterie; et le comte de Wittgenstein passa à son service avec les régiments de cavalerie de Wittgenstein, de Storckow, et d'Osten, et ceux d'infanterie de Pissart, de Hanau, et de Maillard.207-b Après que l'Électeur eut accommodé ses différends avec le Palatin, il licencia la plus grande partie de ses troupes.

La guerre qui s'alluma peu de temps après entre Charles-Gustave et la république de Pologne, donna lieu à une nouvelle augmentation : l'Électeur, soutenu des subsides suédois, fit les derniers efforts pour mettre une armée sur pied; selon les archives, sa cavalerie montait à quatorze mille quatre cents chevaux.207-c Ce nombre paraît exagéré de beaucoup; cependant ce qui pourrait rendre ce fait croyable, ce sont les noms des chefs et des corps, que l'on nous a conservés, à savoir : les gardes; les généraux Waldeck,207-d Kannenberg, Derfflinger; les colonels Lottum, Spaen, Siegen, Manteuffel, Schenck, Wohlraht,207-e Strantz, Reinau, Halle, Eller, Quast; dragons : Waldeck, Canitz, Kalckstein, Lesgewang, Lehndorff, Sack et Schlieben. Comme le dessein de l'Électeur était d'attaquer les Polonais, dont la force principale <181>consiste en cavalerie, il se peut qu'il voulût leur opposer les mêmes armes et un corps en état de se faire respecter d'eux. Son infanterie monta jusqu'à dix mille six cents hommes, consistant dans les régiments des gardes à pied, du grand maître d'artillerie Sparr, de Waldeck, Groote, comte de Waldeck, Kalckstein, Klingspor, Taubenkehr,208-a Götze, Hugt et Ellenberg :208-b pendant tout le cours de la guerre, que ce prince fit avec les Suédois en Pologne, Waldeck, en qualité de lieutenant-général, commanda les troupes sous lui. Une partie de cette armée suivit l'Électeur en Pologne : le reste des troupes fut distribué dans les provinces.

Après que Frédéric-Guillaume eut fait sa paix avec les Polonais, il secourut le roi de Danemark, que Charles-Gustave assiégeait à Copenhague : il marcha en personne dans le Holstein, à la tête de quatre mille hommes d'infanterie, et de douze mille chevaux, dont la moitié était composée des cuirassiers de l'Empereur.

Après la paix d'Oliva, l'Électeur fit encore une réduction dans ses troupes; mais elle ne fut pas considérable : il entretint depuis un nombre de généraux, ce qui prouve bien qu'il devait avoir des soldats à proportion. Le maréchal Sparr est le premier qui ait porté ce caractère dans le service de Brandebourg; les généraux qu'il avait alors étaient : Derfflinger, grand maître d'artillerie; lieutenants-généraux : le prince Jean-George d'Anhalt, le comte Dohna, le baron de Kannenberg et le sieur de Goltz; généraux-majors : les sieurs de Pfuel, de Bär,208-c de Görschen,208-d de Quast, d'Eller, de Spaen et de Trotha.

Lorsque la guerre de 1672 commença, l'Électeur entretint vingttrois mille cinq cent soixante-deux hommes; l'armée qu'il conduisit en Alsace au secours de l'Empereur, était de dix-huit mille combattants; il augmenta ensuite ses troupes jusqu'au nombre de vingt-six mille hommes, et s'en servit dans ses campagnes glorieuses de la Poméranie, qu'il conquit, et de la Prusse, dont il chassa les Suédois.

<182>A l'avénement de la régence de Frédéric-Guillaume, les troupes étaient mal payées et mal entretenues; cette espèce de confusion dura jusqu'à l'année 1676, que Grumbkow, ministre des finances, introduisit l'accise dans les villes.209-a Ce revenu fixe et assuré fut assigné à la caisse de guerre; le prêt du fantassin allait à un écu et demi par mois, et la paye des officiers était assez mince. Pendant la guerre de Pologne et celle de 1672, Frédéric-Guillaume entretint ses troupes, tantôt par les subsides des Suédois, et tantôt par ceux des Autrichiens, des Espagnols et des Français; mais depuis l'année 1676, l'augmentation de ses revenus par le moyen des accises, et le duché de Magdebourg dont il entra en possession, avec l'amélioration de ses provinces qui se relevaient insensiblement des calamités que leur avait fait souffrir la guerre de trente ans, toutes ces ressources, bien administrées, lui fournirent le moyen d'entretenir par lui-même un corps de troupes considérable.

A la mort du Grand Électeur, son armée se trouva forte des troupes de campagne suivantes :

INFANTERIE.
NOMS DES RÉGIMENTS.BATAILLONS.NOMS DES RÉGIMENTS.BATAILLONS.
Gardes6Transport22
Électrice2Barfus2
Prince électoral2Zieten2
Prince Philippe2Courlande2
Prince d'Anhalt2Belling2
Derfflinger2Varenne2
Holstein2Pöllnitz2
Spaen2Cournuaud2
Dönhoff2Briquemault2
Latus22Total de l'infanterie36
<183>
CAVALERIE.
NOMS DES RÉGIMENTS.ESCADRONS.NOMS DES RÉGIMENTS.ESCADRONS.
Cuirassiers.   
Gardes du corps2Transport23
Grands mousquetaires2Lüttwitz3
Grenadiers à cheval1Du Hamel3
Régiment du corps3Prince Henri de Saxe3
Prince électoral3Total des cuirassiers32
Anhalt3  
Derfflinger3Dragons. 
Spaen3Régiment du corps4
Briquemault3Derfflinger4
Latus23Total de la cavalerie40

Outre ce nombre de troupes, les garnisons étaient à part; et il y avait :

à Memel3 compagnies
à Colberg4 compagnies
à Cüstrin4 compagnies
à Spandow2 compagnies
à Peitz3 compagnies
à Friedrichsbourg1 compagnie
à Francfort1 compagnie
Total des garnisons18 compagnies

Pendant la régence de l'Électeur, les bataillons étaient composés de quatre compagnies; la compagnie, de cent cinquante hommes. Selon ce calcul, un bataillon faisait six cents têtes; l'infanterie de campagne, vingt et un mille combattants; les troupes de garnison, deux mille sept cents; et la cavalerie, comptant l'escadron à cent vingt maîtres, quatre mille huit cents chevaux : de sorte que le total de l'armée montait à vingt-huit mille cinq cents combattants.

L'infanterie combattait alors sur cinq ou six files de hauteur; les piquiers faisaient un tiers d'un bataillon; le reste des soldats étaient armés de mousquets à l'allemande. L'infanterie, quoique assez mal vêtue, avait, outre ses habits d'ordonnance, de longs <184>manteaux roulés et repliés sur les épaules, à peu près de la façon que des bustes antiques nous représentent les consulaires romains. Lorsque l'Électeur fit cette célèbre expédition de Prusse en hiver, il fit distribuer des bottines à tous les fantassins.

Sa cavalerie avait encore l'ancienne armure en entier; elle ne pouvait guère être disciplinée, car chaque cavalier se pourvoyait de chevaux, d'habits et d'armes, d'où il résultait une bigarrure étrange pour tout le corps. Il paraît que Frédéric-Guillaume préférait sa cavalerie à son infanterie : il combattit à la tête de la première aux batailles de Varsovie et de Fehrbellin. Il avait tant de confiance dans cette troupe, qu'on trouve fréquemment dans l'histoire que sa cavalerie menait du canon avec elle. Il est très-apparent que cette prédilection n'était pas sans fondement, et que l'Électeur, ayant fait ses remarques sur la nature de ses États, qui sont plaines pour la plupart, et sur les troupes de ses voisins, principalement des Polonais, qui consistent presque toutes en gens de cheval, préféra par ces raisons sa cavalerie à son infanterie, comme lui étant d'un usage plus universel.

Du temps de Frédéric-Guillaume, on ne formait point de magasin : le pays où l'on faisait la guerre fournissait à l'entretien des troupes, tant pour la paye que pour les vivres. On ne campait que lorsque l'ennemi s'approchait de l'armée, et qu'on pouvait ou voulait en venir aux mains. Par ces raisons, on quittait un pays après l'avoir mangé; les armées vagabondes désolaient une province après l'autre; et les guerres se perpétuaient d'autant plus que les armées étaient petites, leur entretien, peu coûteux, et que les généraux qui conduisaient les troupes trouvaient le moyen de s'enrichir en prolongeant la guerre.

Parmi les généraux de l'Électeur, le vieux Derfflinger et le prince Jean-George d'Anhalt avaient la plus grande réputation. Si le conseil du prince d'Anhalt avait été suivi en 1673, l'Électeur aurait attaqué Turenne, et peut-être l'aurait-il battu. Le prince d'Anhalt passait pour sage, et Derfflinger, pour entreprenant; ce dernier servit bien son maître à la surprise de Rathenow, à la poursuite des Suédois après la bataille de Fehrbellin, et à hâter la diligence extraordinaire des troupes dans l'expédition de Prusse. Après Derfflinger, les plus estimés de ses généraux <185>étaient Görschen,212-a qui surprit les Suédois en Prusse auprès de Splitter, et Treffenfeldt, qui les expulsa entièrement de ce duché.212-b

L'art de fortifier régulièrement les places, ainsi que celui de l'attaque et de la défense, était entièrement inconnu; l'Électeur n'avait pas même un ingénieur médiocre à son service : il s'amusa six mois devant Stettin, quoique la place fût très-mauvaise; il ne prit Stralsund qu'en la brûlant par ses bombes; les ouvrages dont il entoura les murs de Berlin, étaient mal construits, ayant de longues courtines et des bastions avec des faces plates, de sorte qu'aucun ouvrage ne se flanquait. Il en est de la guerre comme des autres arts : elle ne se perfectionne point tout d'un coup, et c'est assez qu'en fait de tactique l'Électeur ait laissé des exemples qui serviront, dans tous les temps, de leçons aux plus habiles capitaines.

Le règne de Frédéric, premier roi de Prusse, est rempli des fréquentes réductions et augmentations de l'armée; les subsides étrangers, selon qu'il en recevait, étaient le thermomètre qui réglait leur nombre, tantôt plus considérable, et tantôt de beaucoup diminué.

Après la mort de Frédéric-Guillaume, on fit une augmentation dans les troupes : les bataillons furent mis à cinq compagnies, et on leva sept nouveaux bataillons, à savoir : deux de Lottum, deux de Schonberg, deux de Dohna, et un de Sydow. La cavalerie fut augmentée de même de vingt escadrons, à savoir : deux des gardes du corps, trois de Baireuth, trois de Schöning, quatre d'Ansbach, quatre de Sonsfeld, et quatre de Brandt.

L'année d'après, en 1689, dix bataillons et six escadrons brandebourgeois passèrent au service de la Hollande. Après la paix de Ryswyk, les bataillons furent réduits à quatre compagnies, et la compagnie, à quatre-vingts hommes; de sorte que quatre-vingts compagnies, tant d'infanterie que de cavalerie, furent congédiées. En 1699, les bataillons furent remis à cinq compagnies. En 1702, les régiments d'Albert, de Varenne, de Schlabrendorff, <186>d'Anhalt-Zerbst et de Sydow, furent mis à douze compagnies, et passèrent au service des Hollandais; ils y demeurèrent tant que dura la guerre de succession. En 1704 et 1705, le Roi mit tous les régiments de cuirassiers à trois escadrons, et ceux de dragons, à quatre.

A la mort de ce prince, son armée était composée des régiments suivants :

INFANTERIE.
NOMS DES RÉGIMENTS.BATAILLONS.NOMS DES RÉGIMENTS.BATAILLONS.
Garde blanche2Transport24
Gardes3Arnim2
Régiment du Roi4Dönhoff2
Margrave Albert2Finck2
Margrave Louis2Varenne1
Anhalt2Du Troussel1
Holstein2Grumbkow1
Lottum2Truchsess1
Dohna2Heiden1
Prince de Hesse1Margrave Henri2
Jeune Dohna2Anhalt-Zerbst1
Latus24Total de la cavalerie38

Compagnies de garnisons 18.

CAVALERIE.
NOMS DES RÉGIMENTS.ESCADRONS.NOMS DES RÉGIMENTS.ESCADRONS.
CUIRASSIERS.    
Gardes du corps4Total des cuirassiers.29
Gendarmes1   
Régiment du corps3DRAGONS.  
Prince royal3Régiment du corps4 
Margrave Frédéric3Margrave Albert4 
Wartensleben3Ansbach4 
Heiden3Derfflinger4 
Schlippenbach3Pannwitz4 
Baireuth3Von der Albe4 
Katte3  24
Total des cuirassiers29Total de la cavalerie 53

Le total de cette armée pouvait faire trente mille combattants.

Au commencement de ce siècle, l'usage des piques fut aboli, et on y substitua des chevaux de frise. Ces piques n'étaient utiles <187>que pour défendre les gens de pied contre la cavalerie; dans des siéges, dans des retranchements et dans cent autres occasions pareilles, les piquiers n'étaient d'aucun usage. Les vieux officiers eurent bien de la peine à quitter cette arme, pour laquelle ils avaient les préjugés d'une longue habitude; mais comme la guerre perfectionne la guerre, on se défit encore des mousquets, à cause que les mèches s'éteignaient souvent par la pluie, et on les remplaça par les fusils.

Sous le règne de Frédéric Ier, la discipline s'affermit dans les troupes; elles s'aguerrirent tant en Flandre qu'en Italie. Les officiers qui servirent en Flandre apprirent leur métier des Hollandais; ils furent alors nos maîtres, et l'on imita la grande propreté dont les troupes anglaises donnaient l'exemple.

Le margrave Philippe, grand maître de l'artillerie, fut le premier qui rechercha la taille des hommes; les compagnies de grenadiers de son régiment étaient exhaussées au-dessus de la taille ordinaire. Le prince d'Anhalt suivit cet exemple, et le Prince royal l'imita de même; depuis il s'introduisit parmi les officiers un esprit de choix pour l'espèce d'hommes qu'ils employaient pour soldats, et on ne prit plus que des gens grands, forts et robustes.

Toutes les troupes avaient des habits d'ordonnance : ceux qui voulaient servir dans la cavalerie, payaient, à la vérité, pour être reçus, mais ils étaient armés et habillés aux dépens de la couronne.

Les fantassins étaient prodigieusement chargés en campagne : ils portaient, outre leurs armes et leur manteau, leur tente, leur havre-sac et des chevaux de frise; et ils combattaient encore sur quatre files.

Le prince d'Anhalt, qui avait fait la guerre avec le prince Eugène tant dans l'Empire qu'en Italie et en Flandre, avait fait une étude profonde du métier des armes. Il commanda souvent les troupes auxiliaires des Prussiens, comme on l'a pu voir dans l'Histoire. Ce prince leur fit observer une discipline rigoureuse; et sévère observateur de la subordination, il la poussa à ce grand point d'obéissance qui fait la plus grande force d'une armée; mais comme ses attentions se bornaient à l'infanterie, la cavalerie fut beaucoup négligée.

<188>Tant d'officiers qui faisaient la guerre dans les pays des places fortes, où l'on ne fait qu'assiéger et défendre des villes, nous enrichirent enfin de l'art de la fortification; beaucoup acquirent assez d'intelligence pour conduire les attaques et les tranchées, ou pour défendre une forteresse assiégée.

Frédéric Ier fit fortifier Magdebourg et Wésel selon la méthode de Vauban et de Coehorn; il avait à son service le général Schöning,215-a commandant de Magdebourg, qui entendait bien cette partie du militaire, et Bodt, qu'on accusa cependant d'être plus habile maçon que savant ingénieur.

Les guerres de Flandre, du Rhin et d'Italie avaient formé chez les Prussiens beaucoup d'officiers de réputation. Le margrave Charles, qui mourut en Italie, se couvrit de gloire à la bataille de Nerwinde. Le général Lottum fut très-estimé; il commanda des détachements de l'armée de Flandre, et fut enfin tué à la bataille de Malplaquet.216-a Dans cette même bataille, le comte de Finck donna des marques de sa capacité : il emporta le retranchement français, et s'y maintint quoique la cavalerie impériale en fût rechassée par trois fois. A la bataille d'Oudenarde, le général Natzmer, à la tête des grands mousquetaires,216-b perça trois lignes de la cavalerie française, et y fit des prodiges de valeur.

Au-dessus de tous ceux-là s'élevait le prince d'Anhalt; il avait par devers lui les actions les plus brillantes et la confiance générale des troupes : ce fut lui qui sauva l'armée de Styrum, à Höchstädt, par une belle retraite dont nous avons parlé en son lieu; ce fut lui qui contribua beaucoup au gain de la seconde bataille de Höchstädt, si funeste aux Français; et ce fut lui que le prince Eugène reconnut comme l'auteur principal de la victoire <189>de Turin. Ce prince joignait beaucoup de prudence à une rare valeur; mais avec beaucoup de grandes qualités, il n'en avait guère de bonnes.

Telle était à peu près l'armée et les généraux qui la commandaient, lorsque Frédéric-Guillaume, second roi de Prusse, parvint au trône. Ce prince augmenta le prêt du soldat, qu'il mit à deux écus par mois, outre six gros pour les chemises, guêtres, souliers, etc.

L'an 1714, les compagnies d'infanterie furent mises à cent vingt hommes. En 1717,217-a il créa le régiment de Léopold, et le forma des prisonniers faits sur Charles XII. L'année 1720,217-b il mit tous les régiments de cavalerie sur cinq escadrons; deux compagnies firent l'escadron, et soixante maîtres, la compagnie. En 1718, il créa les dragons de Schulenbourg, forts de cinq escadrons; et il troqua douze pots du Japon contre un régiment de dragons que le roi de Pologne voulait licencier; le colonel Wensec le reçut, et on l'appela depuis le régiment de porcelaine.217-d L'année 1726, les grenadiers à cheval de Schulenbourg, Wense,217-c et Platen, furent doublés, et chaque régiment forma ensuite dix escadrons.

De 1726217-e à 1734, il augmenta l'infanterie d'un officier par compagnie; il leva les régiments de Dossow, Thiele, Mosel, Bardeleben, et les bataillons de Beaufort et de Kröcher;217-f il ajouta ensuite à chaque bataillon une compagnie de grenadiers de cent hommes. L'artillerie fut partagée en deux bataillons, dont l'un fut destiné pour servir en campagne, et l'autre, en garnison. Il créa un corps de milice de cinq mille hommes, dont les officiers <190>et les bas officiers reçoivent la demi-paye : ces milices se rassemblaient tous les ans, pendant quinze jours, pour faire l'exercice. Après toutes ces augmentations, l'armée prussienne se trouva forte de septante-deux mille combattants; tel en était l'état, le 31 mai de l'année 1740. Cette armée était composée des troupes suivantes :

<191>
INFANTERIE.CAVALERIE.
NOMS DES RÉGIMENTS.BATAILLONS.NOMS DES RÉGIMENTS.ESCADRONS.
Gardes3   
Prince royal2   
Prince Charles2Cuirassiers.  
Anhalt3Gendarmes5 
Wartensleben218-a2Prince Guillaume5 
Holstein2Régiment du corps5 
Bredow2Carabiniers5 
Flanss2Buddenbrock5 
Didier218-b2Katte5 
Röder2Bredow5 
Grävenitz2Waldow5 
Wedell2Gessler5 
Marwitz2Frédéric218-g5 
Lehwaldt2Jeune Waldow5 
Dönhoff2Eugène218-h5 
Glaubitz2  60
Löben218-c2   
La Motte2   
Borcke2Dragons  
Schwerin2   
Derschau2Schulenbourg, grenadiers10 
Kleist2Baireuth10 
Henri218-d2Platen10 
Zerbst218-e2Thümen5 
Sydow2Möllendorf5 
Léopold218-f2Sonsfeld5 
Dohna2  45
Jeetze2   
Kalckstein2   
Bardeleben2Hussards.  
Dossow2   
Kröcher1Wurm3 
Beaufort1Bronikowski3 
Artillerie1  6
Total de l'infanterie67Total de la cavalerie 111
RÉGIMENTS DE GARNISONS.
Artillerie1 bataillon
De l'hôpital, à Memel1 bataillon
Wobeser, à Pillau1 bataillon
Sack, à Colberg1 bataillon
Persode, à Magedebourg1 bataillon
Total des garnisons5 bataillons

Toute l'armée, tant infanterie que cavalerie, fut mise en quartier dans les villes, afin d'y introduire et d'y maintenir la discipline. Le Roi publia un règlement militaire qui instruisait chaque officier de son devoir; il y tenait la main lui-même; des officiers respectables par l'âge et par le service, étaient à la tête de tous les corps, et ceux-là affermissaient la subordination par <192>leur exemple et par leur sévérité. Le Roi faisait tous les ans la revue des troupes; il leur faisait faire quelques évolutions; et comme il était lui-même l'inspecteur de son armée, il n'y fut point trompé.

Dans les commencements qu'on introduisit ces nouveaux exercices, les officiers ignoraient la méthode facile qu'on a trouvée depuis de les enseigner, et ils n'étaient rhétoriciens qu'à coups de bâton, ce qui rendit cet ouvrage long et difficile. On purgea, dans chaque régiment, le corps d'officiers de ces gens dont la conduite ou la naissance ne répondait point au métier de gens d'honneur qu'ils devaient faire; et depuis, la délicatesse des officiers ne souffrit parmi leurs compagnons que des gens sans reproche.

On rangeait les bataillons sur quatre files; mais ils chargeaient sur trois. Les bataillons contenaient quatre divisions, et chaque division, deux pelotons, la compagnie de grenadiers à part.

Le prince d'Anhalt, qui avait étudié la guerre comme un métier, s'était aperçu qu'on ne tirait pas des fusils tout l'avantage qu'on pouvait en attendre : il imagina des baguettes de fer, et trouva le moyen d'apprendre aux soldats à charger avec une vitesse incroyable; depuis l'année 1733, le premier rang chargea, la bayonnette au bout du fusil.

L'exercice se faisait alors de la façon suivante : on commençait par le maniement des armes; ensuite on chargeait par pelotons et par divisions; on avançait lentement en faisant le même feu; on faisait la retraite à peu près également; après quoi, on formait deux quarrés, impraticables vis-à-vis des ennemis; et l'on finissait par un feu de haie très-inutile. Cependant toutes ces évolutions se faisaient déjà avec tant de précision, que les mouvements d'un bataillon étaient semblables au jeu des ressorts de la montre la mieux faite.

Le Roi abolit les manteaux, et raccourcit l'habillement dans l'infanterie; et, pour la rendre plus légère dans sa marche, il affecta à chaque compagnie deux chevaux de bât, pour porter en campagne les tentes et les couvertures des soldats.

Le Roi institua par prévoyance, dans toutes ses provinces, des magasins d'abondance, qui servaient à soulager le peuple en <193>temps de disette, et qui lui procuraient des magasins tout faits pour l'armée en temps de guerre.

Vers l'année 1730, la fureur des grands hommes parvint à un point que la postérité aura peine à le croire : le prix commun d'un homme de cinq pieds dix pouces du Rhin, était de sept cents écus; un homme de six pieds était payé mille écus; et, s'il était plus grand, le prix augmentait encore de beaucoup; il y avait plusieurs régiments qui n'avaient point d'hommes au-dessous de cinq pieds huit pouces; le plus petit homme de l'armée avait cinq pieds six pouces, bien mesurés.

Pour mettre de l'ordre dans ces enrôlements, qui se faisaient dans le pays avec confusion, et qui donnaient lieu à mille procès entre les régiments, dès l'année 1733 le Roi partagea toutes les provinces en cantons : ces cantons furent assignés aux régiments, d'où ils pouvaient tirer en temps de paix trente hommes par an, et en temps de guerre jusqu'à cent; ce qui rendit l'armée immortelle, en lui fournissant un fonds assuré, par lequel elle s'est sans cesse renouvelée depuis.

La cavalerie, de même que l'infanterie, était composée de très-grands hommes, montés sur des chevaux énormes; c'étaient des colosses sur des éléphants, qui ne savaient ni manœuvrer ni combattre : il ne se faisait aucune revue sans que quelque cavalier tombât par terre par maladresse; ils n'étaient pas maîtres de leurs chevaux, et leurs officiers n'avaient aucune notion du service de la cavalerie, nulle idée de la guerre, aucune connaissance du terrain, ni théorie ni pratique des évolutions qu'il convient à la cavalerie de faire dans un jour de combat. Ces bons officiers étaient des économes qui regardaient leurs compagnies comme des fermes, qu'ils faisaient valoir le plus qu'ils pouvaient.

Outre les choses que nous venons de dire, la longue paix avait abâtardi le service. Au commencement du règne de Frédéric-Guillaume, on avait raffiné sur l'ordre des régiments et sur la discipline; mais comme il n'y avait plus rien à faire de ce côté-là, les spéculations s'étaient tournées sur ces sortes de choses qui ne donnent que dans la vue : le soldat vernissait son fusil et sa fourniture; le cavalier, sa bride, sa selle, et même ses bottes; les crins des chevaux étaient tressés avec des rubans; et, à la fin, <194>la propreté, qui de soi-même est utile, dégénéra en abus ridicule. Si la paix avait duré au delà de l'année 1740, il est à croire que nous en serions à présent au fard et aux mouches; mais ce qui était plus déplorable encore, c'est que les grandes parties de la guerre étaient tout à fait négligées, et que notre génie se rétrécissait de jour en jour davantage par les petits détails.

Malgré tous ces abus, l'infanterie était bonne; il y régnait une discipline sévère et un grand ordre : mais la cavalerie était absolument négligée; le Roi, qui s'était trouvé à la bataille de Malplaquet, avait vu repousser par trois fois celle des Impériaux; et, dans les siéges de Menin, de Tournai, et de Stralsund, où il se trouva, il n'y avait aucune occasion pour la cavalerie de briller. Le prince d'Anhalt était à peu près dans des préjugés semblables : il ne pouvait pardonner à la cavalerie de Styrum la défaite de la première bataille de Höchstädt;222-a et il s'imaginait que cette espèce de milice était si journalière, qu'on ne pouvait pas compter dessus. Ces malheureux préjugés furent si funestes à notre cavalerie, qu'elle demeura sans discipline, et qu'elle ne fut par conséquent d'aucun usage, lorsque dans la suite on voulut s'en servir.

Les officiers d'infanterie s'appliquèrent beaucoup à leur métier : ceux de la cavalerie, presque tous répandus dans les petites villes, avaient moins d'intelligence et de vivacité que les autres. Parmi les généraux, il y avait plus de braves gens que de gens de tête; le prince d'Anhalt était d'eux tous l'unique capable de commander une armée : il le savait, et il tirait tout le parti qu'il pouvait de sa supériorité, afin de se faire rechercher davantage, et de primer sur les autres.

Pendant le règne du Roi, les fortifications de Magdebourg et de Wésel s'achevèrent, et celles de Stettin furent commencées sous la conduite du colonel Walrave, mais dirigées par le prince d'Anhalt.

<195>Le Roi créa un corps de trente ingénieurs, qui se formèrent dans ces différents travaux; il remplit son arsenal de trains d'artillerie pour la campagne et pour les siéges; il eut d'excellents officiers d'artillerie; et les cadets, cette pépinière d'officiers, réparaient dans l'armée toutes les pertes que la mort y causait : ce qui réussissait d'autant mieux, que ces jeunes gens sortaient d'une école militaire avec toutes les connaissances qu'un officier doit avoir.

Tels furent les progrès de la milice prussienne jusqu'à la mort du feu roi. On pourrait appliquer à cette milice ce que Végèce dit de celle des Romains : « Leur discipline les fit triompher des ruses des Grecs, de la force des Germains, de la grande taille des Gaulois, et de toutes les nations de la terre. »


204-30 Sebaldus, Chronique.

204-a Isaac de Kracht, en 1610.

205-a Hildebrand de Kracht, fils du colonel Isaac de Kracht.

205-b Maurice-Auguste de Rochow.

205-c M. de Hertzberg nomme cet officier Mengzey, dans les matériaux historiques qu'il rassembla pour le Roi sur le militaire du Brandebourg.

206-a Conrad Burgsdorff, colonel.

206-b Didier Kracht, colonel.

206-c Hermann Goldacker.

206-d Hartmann Goldacker.

206-e Ce colonel Rochow appartient à l'infanterie, et doit être rangé entre Volckmann et Trotha.

207-a En 1651.

207-b M. de Hertzberg nomme ces trois officiers Bissürt, comte de Hanau, et Maillard.

207-c Le Roi a tiré le chiffre de l'effectif de l'armée en 1655, du Theatrum europaeum. t. 7, p. 806; cependant il a omis, d'après Manteuffel, le régiment Lesgewang, fort de huit cents hommes de cavalerie : de là vient que son chiffre total n'est pas d'accord avec celui de quinze mille deux cents, donné par le Theatrum europaeum.

207-d George-Frédéric comte de Waldeck, alors lieutenant-général.

207-e George-Henri de Wallenrodt, colonel.

208-a Christoph-Frédéric de Dobeneck, colonel.

208-b Jonas baron d'Eulenbourg, colonel.

208-c Bawyr.

208-d Görtzke.

209-a D'après le vœu des villes, l'accise fut introduite au lieu de la contribution, le 1er juin 1667; Joachim-Ernest de Grumbkow n'était alors encore que capitaine. Il quitta le service militaire en 1678, devint commissaire-général de la guerre le 21 décembre 1679, et conseiller d'État actuel ou ministre le 4 septembre 1684. C'est par les ordonnances de 1680 et de 1684 qu'il eut le mérite de régler l'accise.

212-a Görtzke.

212-b C'est Treffenfeldt, et non pas Görtzke, qui battit les Suédois auprès de Splitter : Görtzke vainquit le feld-maréchal Horn entre Schanzenkrug et Coadjuthen. Ces deux faits sont rapportés plus haut avec exactitude.

215-a Lüdecke-Ernest de Schöning, général-major et commandant de la garde à pied depuis 1689, fut à la vérité nommé gouverneur de Magdebourg le 23 mai (2 juin) 1691, mais il n'est jamais entré en fonctions : au lieu de se rendre à Magdebourg, il suivit son cousin Hans-Adam de Schöning, en qualité de lieutenant-général, au service de l'électeur de Saxe, après la campagne du Rhin de 1692.

216-a Philippe-Charles comte de Wylich et Lottum, promu au grade de feld-maréchal en 1713, ne mourut qu'en 1719 : c'est le général-major Daniel de Tettau qui fut tué à la bataille de Malplaquet.

216-b A la tête des gendarmes.

217-a 1715.

217-b 1718.

217-c Le général Wuthenow.

217-d Le régiment de porcelaine était autrefois le sixième régiment de dragons; il forme aujourd'hui le troisième et le quatrième de cuirassiers, et le premier de dragons. Frédéric-Guillaume Ier offrit au roi de Pologne une collection de porcelaines précieuses et de morceaux d'ambre jaune, en échange de six cents cuirassiers et dragons, qui avaient été tirés de l'année saxonne. Ce régiment fut livré le 1er mai 1717 au général-major de Wuthenow, à Barulh.

217-e 1723.

217-f Ces bataillons appartenaient depuis leur création aux généraux de Raders et de Lilien.

218-a Glasenapp.

218-b Prince d'Anhalt-Dessau.

218-c Leps.

218-d Margrave Henri.

218-e Prince d'Anhalt-Zerbst.

218-f Prince d'Anhalt-Dessau.

218-g Margrave Frédéric.

218-h Prince d'Anhalt-Dessau.

222-a La cavalerie prussienne se distingua à la première rencontre qui eut lieu près de Höchstädt, sous les ordres du général de Natzmer; elle se comporta d'une manière plus brillante encore à la bataille de Blenheim. sous les ordres du prince héréditaire Frédéric de Hesse-Cassel; mais le prince de Dessau a été accusé d'avoir négligé la cavalerie, qui néanmoins contribua beaucoup à sa victoire de Kesselsdorf.