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ÉPITRE A MA SŒUR DE BAIREUTH.

Enfin, chère sœur, je respire,
Et ne respire que pour vous;
Le sort est las de son courroux,
La fortune vient de me rire.
Ces fiers Autrichiens, de nos destins jaloux,
Dans les champs de Lissa dissous,
D'un triomphe idéal ont perdu le délire,
Et vont dans la Bohême oublier leurs dégoûts.
Recevez de mon cœur cette offrande futile,
La seule qu'à vos pieds je puis mettre aujourd'hui.
O mon support! ô mon asile!
Ma divinité, mon appui!
C'est vous dont l'amitié si ferme et si durable
Me tendit un bras secourable,
Lorsque nos combattants paraissaient terrassés,
Et d'un empire formidable
Les fondements bouleversés.
Mes parents, mes amis, timides et glacés,
M'abandonnaient déjà dans ce péril extrême;
Le seul qui me resta, ma sœur, ce fut vous-même.
Fort de cet appui précieux,