<246>bonne amie ne sera pas épidémique, et que les yeux, madame, dont vous faites un si bon usage ne vous dénieront point leur service. Je suis charmé d'avoir une occasion de pouvoir vous être de quelque utilité. Il ne dépendra que de vous, ma chère duchesse, d'envoyer le prince votre fils à Sonnenbourg; je stipule simplement pour condition que cet aimable enfant repasse par chez moi, pour que je revoie au moins quelqu'un qui appartient à ma chère duchesse. Je suis ici en voyage, et plein d'occupations. Je me réserve, madame, d'être moins laconique à mon retour, en vous priant d'ajouter foi aux sentiments d'attachement et d'admiration avec lesquels je suis,



Madame ma cousine,

de Votre Altesse
le fidèle cousin et serviteur,
Federic.

63. A LA MÊME.

Sans-Souci, 9 octobre 1764.



Madame ma cousine,

Je vous rends grâce, ma chère duchesse, de la galanterie que vous me faites de m'envoyer le prince votre fils; il a été reçu ici, non en étranger, mais comme le fils de ma respectable amie. J'ai été charmé de revoir quelqu'un qui vous touche de si près, après ma longue absence, et je vous assure, ma chère duchesse, que tout le monde a loué votre œuvre, et surtout la bonne éducation que vous lui avez donnée. Nous n'avons pas quitté Gotha dans nos entretiens; mais, comme il n'y a aucune joie sans quelque mélange d'amertume, le prince Auguste m'a affligé en m'apprenant la fluxion dont vous êtes incommodée. Pourquoi faut-il, ma chère duchesse, que vous souffriez des infirmités de l'humanité, vous qui êtes si fort au-dessus du reste des humains? Et pourquoi la nature ne respecte-t-elle pas un corps dont l'âme