<155>

APPENDICE.2_173-a

1. LA LANDGRAVE DE HESSE-DARMSTADT A SON MARI.

Potsdam, 3 août 1770.



Mon cher landgrave,

Je vous annonce que vous êtes grand-père d'un prince de Prusse. La joie du prince est inconcevable, ainsi que celle de notre chère fille, qui a souffert comme une damnée de huit heures et demie du soir à deux et demie du matin, mais avec un courage et en travaillant comme un forçat. Elle sentait déjà des douleurs toute la nuit du 1er au 2. Elle vous baise les mains, et recommande son fils à vos bontés. Adieu, chérissime landgrave. Le 24 je serai chez vous, à Pirmasens. Aimez-moi toujours, et croyez que je vous adore. Votre fidèle, etc.

2. LA MÊME AU MÊME.

Potsdam, 3 août, le soir, 1770.

Grâce à Dieu, notre fille se porte aussi bien et beaucoup mieux même que les circonstances d'un accouchement aussi rude pouvaient faire espérer. Elle a eu plus de cent fortes douleurs, et a travaillé <156>sans relâche. C'est à Henckel2_174-a que l'on doit la vie de votre petit-fils. Le Roi a une joie parfaite de sa naissance. Il vint voir à onze heures ma fille, lui a dit les choses les plus gracieuses, et s'est beaucoup occupé de l'enfant, dont il a mesuré la grandeur avec sa canne, et a paru satisfait de ses grands yeux, avec lesquels il le fixait. Je reçus le Roi au haut de l'escalier; il m'embrassa, et marqua sa joie. Le Roi a envoyé une magnifique aigrette de diamants à sa nièce, pour le joli poupard qu'elle a donné, écrit-il à madame de Morrien2_174-b ....


2_173-a Voyez ci-dessus, p. 157.

2_174-a Joachim-Frédéric Henckel, accoucheur. Voyez J.-D.-E. Preuss, Friedrich der Grosse, eine Lebensgeschichte, t. III, p. 292.

2_174-b Voyez t. XIII, p. 10.