233. AU CONSEILLER BARON LE CHAMBRIER A PARIS.

Herrndorf, 27 décembre 1740.

Vous aurez vu par mes précédentes ce que je vous ai ordonné de représenter au ministère au sujet de mon entrée en Silésie, et j'en attends impatiemment la réponse. En attendant, n'oubliez pas de parler au ministre bavarois, le prince de Grimberghen, sur cet événement, et faiteslui connaître le plus clairement dequelle conséquence cette entreprise est pour les intérêts de son maître, auquel je fraye le chemin de faire valoir et de pousser hardiment ses prétentions contre l'Autriche; que j'espère que l'Électeur, pour lequel j'ai une considération très distinguée, ne laisserait pas échapper cette favorable occasion pour venir à bout de ses desseins, que j'ai un grand empressement de m'unir avec lui et la France, par les engagements les plus étroits, pour faire cause commune dans cesconjonctures, et que je lui donnerais ma voix pour son élection et élévation à l'Empire; que j'attendrai là-dessus des ouvertures sincères, auxquelles je répondrai avec toute la sincérité.

Au reste, je me rapporte au contenu de ma lettre du 23 de ce mois, et vous pouvez-vous expliquer, sur l'article de la succession de Juliers et de Bergue, qu'en cas que la France voulût entrer dans mon <162>système touchant la Silésie, en m'y garantissant la possession, je laisserais à sa disposition les duchés susmentionnés par une cession légale.

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.