572. AU MARQUIS DE VALORY, ENVOYÉ DE FRANCE, A BRESLAU.

Quartier général de Neunz, 28 octobre 1741.

J'ai vu avec une véritable satisfaction ce que vous venez de me communiquer de la part de M. Je Maréchal, et vous me ferez la justice de croire que je répondrai toujours à cette attention de la manière la <390>plus cordiale, et que sa cour aura certainement lieu d'être contente de moi.

Selon ce que M. le Maréchal m'a mandé, et selon les avis que j'ai eus de la cour de Bavière, l'affaire de Glatz ne souffre plus aucune difficulté. Et comme mon ministre d'État de Podewils est déjà instruit de signer l'acte d'accession du traité fait entre la Bavière et la Saxe, je crois par là les affaires de la Silésie finies. J'espère que vous voudrez bien vous charger d'assurer M. le Maréchal que je suis touché de la plus vive reconnaissance de ce qu'il s'est tant employé à mener cette négociation à une fin heureuse. Après cela, Monsieur, vous serez persuadé que je connais assez les obligations que je vous dois de tous les soins que vous avez eus pour faire réussir tout à ma satisfaction.

La démarche que le roi de Danemark vient de faire,390-1 m'a surpris; cependant, je crois que cela n'aura guère de suites, et qu'on n'en a rien à craindre, mes avis étant que tout est tranquille à cette cour, qu'on y est uniquement occupé de maintenir son système pacifique, et que même les ministres de Suède et de Russie y résidants se tiennent pour assurés qu'ils n'ont rien à craindre ni à attendre de cette cour; selon moi donc, je crois que, sans aigrir cette cour par des représentations vives, on pourrait la ramener par la voie de douceur, et en la convainquant que son propre intérêt l'oblige de préférer l'amitié de la France à toute autre. Au reste, les avis que j'ai eus d'Hanovre, m'ont appris qu'on y est tout coi, et que les régiments vont se séparer et aller dans leurs quartiers d'hiver. Je joins ici ma réponse à la dernière lettre du Cardinal390-2 et je suis etc.

Federic.

Avertissez l'électeur de Bavière que Neipperg marche à Vienne, je lui écris autant par un courrier. Aujourd'hui j'ai une batterie de 40 canons et de 12 mortiers en branle.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.



390-1 Belle-Isle schreibt an Valory, Frankfurt, 19. October: Amelot „vous charge d'informer le roi de Prusse que le roi de Danemark vient de faire connaître à Sa Majesté qu'il était requis par la Russie de fournir les secours stipulés par l'alliance défensive qui subsiste entre les cours de Pétersbourg et de Copenhague, et que la Suède ayant entrepris la guerre sans sa participation, la France ayant aussi fait avancer une année vers la Westphalie sans lui communiquer ses vues, il se croyait en liberté de prendre les partis qu'exigeraient ses engagements et ses intérêts.“ Belle-Isle glaubt, dass Dänemark sich Schoonens bemachtigen will.

390-2 Nr. 575.