624. AU GRAND-MAITRE DE L'ARTILLERIE BARON DE SCHMETTAU A PRAGUE.

Berlin, 11 décembre 1741.

Votre rapport sous n° 20 vient de m'être rendu par le courrier que le prince Léopold m'a envoyé, et vous faites très bien de me mander comme les choses sont actuellement dans vos cantons. Je suis de même très satisfait du soin que vous prenez pour le bien et la conservation de mes troupes. Quant à l'arrangement des quartiers d'hiver, le prince Léopold vous communiquera apparemment tout ce que je lui ai ordonné à ce sujet, et vous l'assisterez en tout pour arranger les quartiers de la manière que mes troupes ne soient trop exposées aux insultes de l'ennemi, et de la manière qu'elles ne soient trop fatiguées et qu'elles puissent prendre haleine. Touchant l'Électeur, je suis bien aise qu'il se fasse proclamer roi, et mes vœux sont qu'il le soit en effet. En attendant, vous l'en féliciterez de ma part, et lui direz qu'aussitôt qu'il m'aura mandé son avénement à la couronne, je ne manquerai point de lui envoyer quelqu'un de ma part.

Je ne comprends point pourquoi les Bavarois ne poussent plus leurs quartiers vers la main droite en avant, et même jusque dans la Haute-Autriche, et il me semble qu'on ne devait point ménager autant les troupes saxonnes, en les mettant aux confins de la Saxe, mais qu'on devrait les pousser plus en avant. Selon mes idées, il fallait reserrer l'ennemi autant qu'il est possible, et le pousser par de grands corps de troupes, pour l'obliger de se retirer en Autriche. Au moins devrait-on, après avoir fait reposer trois semaines les troupes dans leurs quartiers, envoyer de gros détachements pour obliger par là l'ennemi de quitter ses postes et quartiers avancés, jusqu'à ce qu'on l'ait forcé de se retirer en Autriche. Vous ferez l'usage convenable de ces mes idées, pour les insinuer au maréchal de Belle-Isle et pour les lui faire goûter. Quant aux propositions que le colonel Bercsényi429-1 vient de vous faire, je ne les crois pas telles que je les puisse accepter et que j'en puisse faire fond. Mes compliments au maréchal de Belle-Isle, et je suis avec considération etc.

Federic.

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei.



429-1 Graf Bercsényi, Ungar von Geburt und maréchal de camp im französischen Heere, wünschte den Oberbefehl über die preussischen Husaren in Oberschlesien zu erhalten.