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Vous y ajouterez, bien que dans la dernière confidence, que je suis informé de très bonne main que les deux cours impériales ont changé l'article secrétissime du traité de Pétersbourg qui regardait leurs stipulations particulières pour s'assister mutuellement dans le cas de guerre contre la Porte, en convention qui étend à perpétuité les engagements défensifs des deux cours impériales contre ladite Porte, qui par l'article secrétissime étaient restreints au temps du traité de Pétersbourg. L'on m'ajoute que cette convention venait d'être signée et ratifiée depuis peu de semaines entre les deux parties contractantes.

Quoique je me sois donné jusqu'ici bien des mouvements pour m'emparer d'une copie authentique du susdit article secrétissime, il m'a été impossible d'y réussir;1 si cependant j'en aurai encore, je ne manquerai pas de la communiquer à M. de Contest, pour qu'il avise s'il en pourra faire usage en l'envoyant au ministre de France à la Porte. Au reste, tel que soit le succès de la négociation de la France à la Porte, je suis bien persuadé que le seul avis qu'on en a, fera assez d'impression sur ceux du parti de la ligue.

Je finis en vous marquant que le prince Ferdinand de Brunswick a laissé, en partant de Copenhague, le roi de Danemark dans une assez bonne disposition, de sorte qu'il y a de l'espérance de pouvoir parvenir à un traité d'amitié entre moi et lui, dès que l'affaire de la comtesse de Bentinck sera arrangée, à quoi j'apporterai toutes les facilités pour pouvoir convenir alors dudit traité d'amitié, dans lequel je me contenterai de peu de choses.2 Vous ferez part de ceci à M. de Contest, en le priant cependant de vouloir bien m'en garder un secret absolu.

Au reste, le zèle et l'attachement que je vous connais pour ma personne et pour mes intérêts, me font espérer que vous voudriez bien continuer au poste où vous êtes et vous y conserver au moins jusqu'au temps que les grandes affaires se seront éclairées et que le roi d'Angleterre sera de retour en Angleterre du voyage qu'il médite de faire l'année prochaine à Hanovre.

Federic.

Extrait.

Le sieur Porter nous mande par ses dernières lettres arrivées de Constantinople ici le 20 de novembre, que le ministre de France s'intriguait beaucoup à engager la Porte à prendre quelque parti en faveur du système de sa cour relativement aux affaires de l'Europe. Que




1 H. D. von Maltzahn berichtet, Dresden 8. December (vergl. S. 178 Anm. 3) „Il est bien sûr que cet article secrétissime n'a pas été communiqué à la Saxe, puisque Funcke marque que, nonobstant les plus pressantes sollicitations, Pretlack n'avait pas voulu lui communiquer cet article secrétissime, qu'on prétend changé en convention.“ Siehe den Abdruck der Convention, Moskau 16. Juni a. St. 1753 (Erweiterung des „Articulus secretissimus die Ottomannsche Pforte betreffend“ der Petersburger Allianz vom 22. Mai a. St. 1746) bei F. Martens, Recueil des traités conclus par la Russie, Bd. I, 183. Vergl. oben S. 33.

2 Vergl. S. 162.