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Je suis bien fâché d'apprendre que le maréchal de Lœwendahl a pris la résolution de quitter le service de France1 pour entrer à celui de Venise; je ne présume pas qu'il s'en voudra laisser détourner, et j'ai, d'ailleurs, des soupçons que c'est peut-être le prince de Conty qui a contribué aux froideurs que le Roi lui a marquées. Il pourra arriver, cependant, un temps où l'on regrettera bien de l'avoir perdu.

Comme vous m'annoncez pour certain que le parti est pris de faire mettre à la voile l'escadre à Brest2 à la fin du mois d'avril, il faudra voir présentement ce que le ministère de France a dans le ventre; car il s'avance trop et tant par là qu'il ne saurait pas reculer sans s'exposer au grand mépris, s'il le voulait après ces ostentations. A quelle occasion, il me vient dans l'esprit que peut-être le désastre qu'a essuyé le sieur de Bussy,3 lui est arrivé de ce qu'il a inspiré le conseil à M. de Rouillé de tenir ferme contre l'Angleterre et de la rendre docile au moyen d'une démonstration de l'armement naval, mais que, cet avis ayant opéré un effet tout contraire,4 on l'a ressenti contre lui en le privant du département qui regarde les affaires anglaises. Vous observerez que je ne vous donne tout ceci que comme une simple conjecture, de laquelle il ne faut pas qu'il en transpire quelque chose.

Au reste, je serais extrêmement surpris, si, dans les circonstances présentes des affaires, la cour de France voulait pointiller envers la Porte et accrocher le départ du sieur Vergennes5 pour savoir au préalable quel ministre le Grand-Seigneur enverra pour notifier son avènement au trône, dans un temps où il lui est de la dernière conséquence d'avoir un ministre à la Porte, auquel, le cas le demandant, on. saura toujours envoyer les patentes d'ambassadeur.6

Federic.

Nach dem Concept.


6690. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN.

Podewils überreicht, Berlin 16. März, das an ihn gerichtete Schreiben des preussischen Residenten Hecht in Hamburg, d. d. Hamburg 14. März: … „Ayant trouvé hier le prince de Hesse7 dans une grande compagnie, il me fit l'honneur de me tirer à part pour m'entretenir sur sa situation présente, en me disant qu'il s'ennuyait trop ici pour y résister à la longue, que, d'ailleurs, il trouvait que, par bien des raisons, le séjour d'ici ne lui

Potsdam, 17. März 1755.

Ich kann nichts darauf antworten. Es ist Mir alles in dem Schreiben so dunkel, und Ich verstehe nicht, was der Erbprinz haben will, und errathe nicht gerne anderer Räthsel. Ich würde ohngerne sehen, wenn er nach Berlin käme, weil Ich gar nicht wissen



1 Vergl. Bd. X, 275.

2 Vergl. S. 65.

3 Vergl. S. 78.

4 Vergl. S. 43.

5 Vergl. S. 62.

6 Vergl. S. 41.

7 Der zur römischen Kirche übergetretene Erbprinz Friedrich von Hessen-Cassel. Vergl. S. 37.