<84> que cela ait été le premier projet de l'Angleterre,1 mais dont il n'en sera plus rien à présent, surtout après qu'à la suite ma convention de neutralité de l'Empire faite entre moi et l'Angleterre, et dont je vous ai déjà informé par ma dépêche du 31 de janvier,2 y est survenue. Comme je vous ai déjà instruit par cette dépêche comment vous devez vous expliquer au sujet de cette convention, je m'y réfère et ajoute seulement que, si le marquis d'Havrincour venait de vous parler sur cette convention comme d'une affaire qu'on ne saurait pas bien concilier avec mes engagements pris autrefois avec la France, vous lui direz en termes civils que mon traité avec la France était simplement et purement défensif et ne regardait que ses possessions européennes, dont il n'était point question dans ses démêlés présents avec l'Angleterre, et qu'il n'y avait rien d'ailleurs dans cette convention qui me sût détourner de mes autres engagements avec la France. Vous observerez avec cela que, pourvu que M. d'Havrincour ne vienne point vous parler de la façon susdite, vous n'entrerez point aussi avec lui dans cette explication.

Federic.

Nach dem Concept.


7249. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE KNYPHAUSEN A PARIS.

Potsdam, 7 février 1756.

La dépêche que vous m'avez faite du 26 du mois passé de janvier, m'a été rendue. Quant au langage que vous devez tenir aux ministres de France au sujet de ma convention de neutralité de l'Allemagne faite avec l'Angleterre, je ne saurais vous donner à présent d'autres instructions que celles que je vous ai déjà données par mes lettres précédentes, entre lesquelles je vous remets surtout à celle que je vous ai envoyée par le dernier courrier,3 et encore à celle que l'ordinaire dernier vous aura apportée.4 Une chose encore que vous observerez exactement, est que, dans toutes les conversations que vous aurez sur la susdite convention, vous ne la qualifierez jamais de traité, mais simplement de convention de neutralité.5

Après que le duc de Nivernois a dépêché ses courriers en France,6 il s'attend à la réponse qu'on lui fera, et avant qu'il n'aura reçu ses réponses, nous ne saurions guère voir clair ici sur les idées que le ministère de France se sera formées sur ces affaires, ni sur la façon dont il se décidera. Quant à vous, je veux bien vous dire tout naturellement que la manière dont vous vous conduirez présentement dans cette affaire, me servira de pierre de touche pour en reconnaître si vous possédez effectivement toutes les qualités requises d'un ministre



1 Vergl. Bd. XI, 266.

2 Ministerialerlass. Vergl. S. 59.

3 Nr. 7220.

4 Nr. 7236.

5 Vergl. S. 78.

6 Vergl. S. 68.