7200. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A VIENNE.

Klinggräffen berichtet, Wien 7. Januar: „J'ai lu avant-hier trois bonnes lettres de Constantinople, en date du 2 décembre dernier. Elles se réunissent toutes à marquer que la tranquillité est rétablie,39-1 que le grand-visir Said Effendi y a un fort grand crédit et que les affaires se conduisent avec de l'ordre et systématiquement, ce qui mènerait, selon toutes les apparences, bientôt à prêter une attention sérieuse aux affaires de l'Europe.“

Berlin, 17 janvier 1756.

J'ai reçu votre rapport du 7 de ce mois. Si je présume bien, les conférences qu'il y a présentement entre le sieur de Keith et le comte de Kaunitz, quand ils se voient aux jours nommés d'audience, ne doivent rouler que sur ce que les Anglais pressent la cour de Vienne d'envoyer plus de troupes pour la défense des Pays-Bas.39-2 Au moins ai-je sujet de croire selon les apparences que c'est le sujet principal auquel ces conférences visent; ce que vous tâcherez cependant de mieux pénétrer. En attendant, je veux bien vous dire pour votre direction qu'en conséquence de mes lettres de Silésie, la cour où vous vous trouvez continue d'augmenter insensiblement en nombre les troupes qui sont du côté de mes frontières de la Silésie.39-3

Pour ce qui regarde les nouvelles de Turquie que vous me mandez, elles ne sauraient que mériter mon attention, et je serai bien aise que vous continuiez à m'en donner, aussi souvent que vous sauriez le faire, de manière que j'y saurais compter. Cependant, par la faiblesse d'esprit et de corps dont ceux qui prétendent être au fait des circonstances de ce pays, m'en ont indiqué par rapport au Sultan régnant, j'ai de la peine à croire que, tandis que ce Prince restera en vie et sur le trône, la Porte Ottomane deviendra jamais redoutable à ses voisins,39-4 et que, d'ailleurs, quand même il n'arriverait point de révolution avec lui, il ne saura subsister longtemps, vu son accident chancreux aux jambes, qui ne laisse pas de le miner, parcequ'il n'y veut admettre aucun secours, en sorte qu'il aura de la peine à vivre au delà d'une année et qu'on ne saura pas compter sur tout ce qu'on puisse prendre d'arrangements avec lui.

Federic.

Nach dem Concept.



39-1 Vergl. S. 18.

39-2 Vergl. Bd. XI, 482.

39-3 Vergl. S. 34.

39-4 Vergl. Bd. XI, 376.