7585. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES.

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Michel] berichtet, London 8. Juni, über eine Unterredung mit Holdernesse, der ihm eine Abschrift des versailler Vertrages übergeben hat. On est bien résolu „de prendre toutes les précautions nécessaires, pour se garantir des suites. Pour cet effet, on a déjà commencé d'en faire part au ministre de Russie, en le requérant fortement de mander à sa cour qu'elle ne s'en laissât pas imposer par cette mesure, et encore moins par les insinuations artificieuses que les Autrichiens pourraient lui faire en conséquence, et l'on espère beaucoup, par le langage que ce ministre tient ici depuis quelque temps, et par celui du chevalier Williams à Pétersbourg, que les Russes ne se laisseront pas débaucher … Le chancelier Bestushew est, d'ailleurs, en garde sur le chapitre du sieur Douglas, que l'on soupçonne bien ici d'être chargé de quelque commission secrète, mais qui, avec cela, ne fera rien là-bas, au moins du consentement dudit chancelier Bestushew, qui persistait toujours à soutenir les intérêts de l'Angleterre dans les conseils de l'impératrice de Russie; et afin de fortifier encore plus la façon de penser dudit chancelier, on se propose d'envoyer un de ces jours un courrier à Pétersbourg, qui passera

Potsdam, 19 juin 1756.

La dépêche que vous m'avez faite du 8 de ce mois, m'a été fidèlement rendue, sur laquelle je suis bien aise de vous dire pour votre direction que, dès que la nouvelle du traité fait et ratifié entre les cours de Vienne et de Versailles nous est parvenue, je me suis d'abord expliqué envers „le sieur Mitchell,430-4 de manière que j'ai tout lieu de croire que le ministère anglais en sera content, quand il en aura fait son rapport. En attendant, vous remercierez bien poliment de ma part milord Holdernesse de la communication du susdit traité et lui déclarerez en même temps que Sa Majesté Britannique saurait compter sur mon assistance à tout évènement, et que je remplirais fidèlement les engagements que j'avais pris avec Elle. Qu'au surplus, comme la France et la

par Berlin et qui sera porteur de dépêches que le sieur Mitchell aura ordre de communiquer à Votre Majesté. En un mot, on ne veut rien négliger pour s'attacher de plus en plus la cour de Russie; les craintes que l'on a sur son chapitre, ne sont, au fond, que des soupçons, pendant que le langage que tiennent ses ministres, soit ici soit à Pétersbourg, n'est rempli que d'assurances dont on a lieu d'être assez satisfait.“

cour de Vienne avaient fait un traité solennel entre elles, je croyais qu'il serait nécessaire, à présent, que nous en fissions de même entre nous et que nous tâchions ensuite de faire accéder d'autres puissances encore à ce traité. Vous ajouterez à tout ceci que, le duc régnant de Brunswick m'ayant fait la visite dans le campement d'exercices de mes troupes du pays de Magdebourg,431-1 je l'avais sondé sur ses sentiments pour prendre des liaisons avec l'Angleterre moyennant un traité de subsides, et qu'il m'avait déclaré qu'il était tout prêt à ces engagements, dès que son traité de subsides avec la France expirerait vers la fin de l'année présente,431-2 de sorte qu'il ne dépendrait à présent que du gré de Sa Majesté Britannique si elle trouvera convenable ou non d'en faire faire des propositions à ce Prince.

Au reste, j'ai appris avec satisfaction ce que vous m'avez marqué touchant la résolution que le ministère anglais a prise de s'assurer par tous les moyens possibles de la Russie; comme je sais que la cour de Vienne remue ciel et terre pour débaucher la Russie à l'Angleterre, et qu'elle se tient presque assurée d'y réussir, en sorte qu'on en parle publiquement à Vienne, je crois qu'il sera d'une nécessité indispensable que le ministère anglais mette tout empressement pour régler cette affaire et pour ne pas se laisser prévenir par les cours de Vienne et de Versailles, et même d'être un peu sur sa garde par rapport aux assurances que la cour de Pétersbourg lui fait donner, en attendant qu'elle se sera décidée sur son parti à prendre.

Federic.

Nach dem Concept.



430-4 Vergl. S. 410. 418.

431-1 Vergl. S. 428.

431-2 Vergl. Bd. VIII, 207.