8054. AU ROI DE POLOGNE A STRUPPEN.

Schreiben des Königs von Polen, Struppen 15. September: „Monsieur mon Frère. Les malheurs qui arrivent à mes Etats héréditaires, ne devont pas me faire oublier ce que je dois à mon royaume, dans lequel la Diète ordinaire doit s'ouvrir le 4 du mois prochain,401-4 je profite des assurances que Votre Majesté m'a encore réitérées par Sa lettre du 12,401-5 pour La prier de m'accorder pour moi, mes deux princes, mon ministre et ma suite en toute sûreté le libre passage d'ici en Pologne. Je passerai par Breslau, comme la route où il sera le plus aisé d'assembler les chevaux nécessaires, qui seront au nombre d'environ 130. Ne doutant aucunement que Votre Majesté ne m'accorde ma demande, Elle voudra bien avoir la bonté de m'envoyer d'abord un couple de passe-ports pour deux officiers que je voudrais expédier pour m'ordonner les chevaux et les gîtes en chemin. Je suis avec la plus parfaite estime et considération, Monsieur mon Frère, de Votre Majesté le bon frère

Auguste Roi.“

Schreiben des Königs von Polen, Struppen 16. September: „Monsieur mon Frère. Lorsque j'ai voulu envoyer mon autre lettre par un trompette au général<402> d'Arnim, pour qu'il eût l'honneur de la présenter à Votre Majesté, ledit général arriva et m'a rendu la réponse dont Votre Majesté m'a honoré,402-1 et m'a répété tout ce qu'Elle lui a dit de bouche. Votre Majesté ne peut pas douter que Son refus à tant de propositions plus qu'équitables ne m'ait été inattendu, et comme Elle ne veut rien écouter que ce qui est contre mon honneur, ma probité et ma parole royale, je ne puis qu'abandonner à la direction divine ce qui en arrivera, pendant que je n'ai rien à me reprocher. Autant que j'ai compris par le rapport du susdit général, Votre Majesté compte de laisser garnison à Dresde et de Se servir de ma résidence, où. la Reine et toute ma famille royale demeurent, p.iur une place d'armes. Dans les guerres les plus sanglantes, on ne refuse pas des considérations à des personnes royales, ni n'occupe les résidences. Le roi de Suède402-2 a été comme ennemi en Saxe du temps du feu Roi mon père, mais il n'a jamais permis à un soldat d'entrer dans la résidence. Je soumets le tout à Sa disposition et je La supplie d'ordonner qu'on ne défende pas la correspondance à la Reine et à ma famille, d'avoir la bonté de donner libre entrée et sortie à ma cour, et que je me puisse faire suivre mes équipages et tout ce dont j'ai besoin pour mon service en Pologne. Je réitère mes prières pour les égards et sûretés de la Reine, de ma famille royale, de ma cour, de ma résidence et de tout le pays dont Elle est maître, et suis avec la plus parfaite considération, Monsieur mon Frère, de Votre Majesté le bon frère

Auguste Roi.“

Sedlitz, 16 septembre 1756.

Monsieur mon Frère. J'ai reçu aujourd'hui deux lettres de Votre Majesté, l'une qui regarde Sa capitale et l'autre Son voyage pour la Pologne. Les plaintes qu'Elle fait relativement à la ville de Dresde, sont de nature à être facilement ajustées. Quant à ce qui regarde Son voyage de Pologne, j'espère qu'Elle voudra bien, avant que de partir, finir avec moi la négociation qu'Elle a entamée relativement à Son armée, qui souffrirait beaucoup des longueurs par Son éloignement. Il n'en coûtera que deux mots à Votre Majesté, pour terminer cette affaire promptement; après quoi, je ne manquerai pas de Lui donner tous les passe-ports qu'Elle demande, ainsi que de régler Ses relais par la Silésie selon Son bon plaisir, ne désirant que de Lui donner des marques de la considération et de l'estime avec laquelle je suis, Monsieur mon Frère, de Votre Majesté le bon frère.

Federic.

Nach der Ausfertigung im Königl. Hauptstaatsarchiv zu Dresden. Das Concept eigenhändig.



401-4 Vergl. S. 306. 384.

401-5 Nr. 8013.

402-1 8042.

402-2 Karl XII. von Schweden.