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8403. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES.

Dresde, 6 décembre 1756.

J'ai reçu votre rapport du 23 novembre, dont j'ai été content par les nouvelles assurances que vous me confirmez qu'on reprendra bientôt le fil des affaires étrangères,1 et les très bonnes dispositions où le ministère et la nation sont à mon égard. Malgré cela, je ne veux point vous cacher mon embarras de ce que, par toutes sortes d'accidents, les affaires publiques et surtout celles qui sont relatives aux mesures vigoureuses à prendre pour le bien de la cause commune, souffrent d'aussi long délai, en attendant que nos ennemis font les derniers efforts avec toute l'activité possible pour nous opprimer. C'est pourquoi vous ferez, s'il y a moyen, les instances les plus pressantes là-dessus, bien que dans des termes que vous croirez convenables, en représentant aux nouveaux ministres2 et surtout au lord Holdernesse combien il sera dangereux de faire passer, en traînant, un temps où tous les moments sont précieux et de la dernière conséquence, en ne prenant pas des mesures vigoureuses contre un ennemi qui ne s'endort pas, et qui au contraire agit avec toute la vivacité imaginable, pour faire des dispositions à exécuter ses desseins les plus pernicieux.

Vous me manderez exactement ce qu'on vous répondra là-dessus, et avec quel air et quelle contenance on a reçu vos représentations à ce sujet.

Federic.

Nach dem Concept.


8404. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE HÆSELER A COPENHAGUE.

Dresde, 7 décembre 1756.

J'ai bien reçu votre rapport du 27 de novembre dernier et suis très satisfait et approuve parfaitement la conduite que vous avez tenue à l'occasion de l'ouverture que je vous avais chargé de faire là où vous êtes.3 Vous jugerez ainsi vous-même qu'il doit m'avoir été agréable d'apprendre que vous tâchiez d'amener les ministres danois petit à petit, avec beaucoup de circonspection de votre part, au but que nous nous sommes proposé, et que pour cet effet vous en usiez avec eux de la sorte qu'ils veulent qu'on en agisse à leur égard. Il restera à voir maintenant si la cour d'Angleterre les pourra disposer en outre de se mêler des affaires de l'Allemagne et d'entrer dans leur garantie. Toutefois je veux bien vous dire pour votre direction que, pour ce qui me regarde, je ne demande rien pour moi-même du Danemark, et que je



1 Vergl. S. 81. 94.

2 Vergl. S. 81.

3 Vergl. S. 34. 35.