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9237- AU FELD-MARÉCHAL DE KEITH.

Pirna, 27 juillet 1757.

Mon cher Maréchal. L'expérience me fait assez prévoir que, dèsque j'aurai passé l'Elbe, il me sera impossible de vous faire parvenir mes lettres. Ceci m'oblige de vous instruire d'avance de ce que je souhaite que vous fassiez. Je laisse ici le pont de pontons, pour que vous puissiez passer la rivière, dès que vous le trouverez à propos, Si rien ne change dans la position de mon frère, vous pourriez marcher d'ici par Stolpen sur Bischofswerda et de là sur Bautzen; si mon armée est à Lœbau ou à Bernstaedtel, vous pourrez faciliter notre communication et, en quelque temps que vous marchiez pour nous joindre, il faut apporter sur des chariots de paysans pour neuf jours de pain pour toute l'armée, de l'eau de vie et des bœufs. Comme nous pourrions aussi avoir besoin de pontons, vous pourrez en prendre avec vous d'ici une vingtaine pour faciliter les expéditions.

J'ordonnerai à Finck, qui est blessé à Dresde, de vous avertir de tout ce que l'on peut apprendre de la Lusace.1

Je ne saurais vous prescrire rien de fixe, parcequ'entre ci et le temps que vous arriverez ici, bien des choses peuvent changer. Que vous marchiez par ce pont ici ou par le pont de Dresde, c'est à vous à en décider, selon les règles de la sûreté; quoi qu'il arrive, le principal point sera de marcher en Lusace, pour assurer nos vivres, dont Retzow aura soin, et de nous joindre avec vos troupes, en cas que cela soit nécessaire. Il serait difficile jusqu'au moment présent d'entrer sur tout ceci dans un plus grand détail; c'est à vous à vous régler de vous-même et à prendre votre parti, si des événements arrivent que l'on ne saurait prévoir. Je suis avec bien de l'estime, mon cher Maréchal, votre fidèle ami

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


9238. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH.

Pirna, 27 juillet 1757.

Ma très chère Sœur. Je trouve encore un petit moment pour vous écrire. Les ennemis ont bombardé et brûlé Zittau, de sorte que l'on s'est vu forcé d'en retirer les troupes et de sauver tout ce qu'on a pu du magasin. Toute cette pauvre ville n'est plus à présent qu'un morceau de cendres et de ruines. Je marche demain; le 30 j'aurai joint mon frère, et il faudra à tout prix rechasser les Autrichiens de la Lusace, pour se tourner vers les Français qui vont incessamment pénétrer dans le pays de Halberstadt.



1 Der Befehl an Finck war schon am 26. Juli erfolgt. Vergl. Nr. 9236.