9378. AU COLONEL DE BALBI.391-2

Quartier de Buttelstedt, 30 [septembre 1757].

Le capitaine porteur de la présente ne nous est pas arrivé plus tôt qu'hier, et après le départ de Winckelmann. H m'a remis, avec les autres dépêches qui lui ont été confiées, le double de celle que vous m'aviez faite le 15 de ce mois, et au sujet de laquelle j'espère que Winckelmann vous aura déjà rendu ma réponse.391-3

Quant à l'idée que M; le comte de Neuwied m'a communiquée par sa lettre du 24,391-4 que vous feriez un voyage à Paris, en compagnie avec le sieur Barbutt, par les raisons y alléguées, je la trouverais fort bonne, s'il n'y avait un terrible risque pour votre personne; car comme vous n'êtes point pourvu de passe-port pour voyager librement en France, je crains fort qu'étant reconnu là, ne fût-ce que par hasard, pour officier prussien, on ne vous joue un mauvais tour et ne vous fasse arrêter là comme tel. Cependant, comme l'affaire principale pour arriver à mon but, est que nous nous rendions favorable Madame de Pompadour, par l'offre de la principauté de Neuchâtel et du Valangin, sa vie durant,391-5 afin de la mettre par là dans nos intérêts, pour que le roi de France soit porté à s'arranger et s'entendre avec moi aux conditions dont vous êtes instruit,391-6 je crois que M. Barbutt seul lui en saurait faire l'ouverture; je souhaiterais même qu'il ne perdît pas le moindre temps, mais qu'il pressait même extrêmement pour tâcher à lui en faire faire habilement et avec toute l'adresse possible la proposition, avec tout le secret dû en pareille occasion, en attendant que je négocierai avec le maréchal de Richelieu.391-7 Vous [me] rendrez donc le service le plus essentiel, quand vous amènerez les choses au point que la Pompadour soit instruite, sans perte de temps et au plus tôt possible, de cette offre de ma part.

<392>

Pour vous, vous resterez, en attendant la réponse qu'on aura làdessus, en quelque lieu de sûreté, gardant le plus grand incognito, et me donnerez par des voies sûres des nouvelles de ce qui se passe à vos lieux. Mais, si jamais je parviendrai à une négociation avec la France touchant notre accommodement, je crois qu'elle la voudra faire passer par les mains du duc de Richelieu.

Winckelmann a fait mention d'une avance qu'il vous avait faite de 2000 écus, dont d'abord je lui ai fait tenir compte, tout comme de 2000 écus392-1 qu'il vous a payés pour le sieur de Barbutt, vous et le capitaine ci-dessus nommé. Je m'imagine que vous avez pris cette avance pour vos frais de voyage à Paris, supposé que vous la ferez ensemble avec M. Barbutt. Comme celui-ci en saurait avoir besoin de quelque somme d'argent pour reprendre de nouveau ce voyage, il vous sera permis de lui en donner encore ce qu'il lui faut.

Federic.

Nach dem Concept.



391-2 Vergl. S. 390.

391-3 Vergl. Nr. 9365.

391-4 24. August. Vergl. Nr. 9377.

391-5 Vergl. S. 377. 378.

391-6 Vergl. S. 300.

391-7 Vergl. Nr. 9356.

392-1 Vergl. S. 377.