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Nous venons d'apprendre ici que Harburg s'est rendu,1 et qu'on y a pris plus de 3000 prisonniers de guerre. Je vous en félicite d'autant plus que par là la chance se tourne en votre faveur, et je me flatte que vous finirez mieux à présent. C'est là la meilleure occasion que vous pourrez trouver jamais pour rejeter l'ennemi au delà du Weser.

D'ailleurs, permettez que je vous recommande comme une chose essentielle d'inquiéter et de fatiguer continuellement l'ennemi, qui par là se lassera et se repliera de soi-même.

Dès que vous longerez le Wéser, le pays vous fournira mieux les subsistances; l'ennemi abandonnera l'Hanovre, il fera peut-être quelque résistance à Minden, et il ne voudra pas quitter tout de suite le pays de Brunswick, où il s'est niché en partie. Mais, avec la supériorité du nombre des troupes que vous avez encore sur lui, vous avez à présent le meilleur instant pour le rembarrer. Il faut que vous observiez soigneusement de ne pas le laisser échapper, pour agir avec vivacité. Je suis avec des sentiments d'estime, Monsieur mon Cousin, de Votre Altesse le bon cousin

Federic.

Nach der Ausfertigung im Kriegsarchiv des Königl. Grossen Generalstabs zu Berlin.


9668. AU PRINCE ÉLECTORAL DE SAXE A DRESDE.

Breslau, 5 janvier 1758.

Monsieur mon Cousin. Après la lettre du 18 décembre que vous avez bien voulu prendre la peine de me faire, et que je viens de recevoir à présent, je n'ai plus hésité un moment de me prêter à vos instances pour vous rendre le comte de Wackerbarth;2 mes ordres sont même déjà partis, afin qu'il lui soit libre de partir à son gré de Cüstrin à Dresde.

Permettez cependant que j'ajoute à cette complaisance de ma part une condition d'autant plus nécessaire pour prévenir dorénavant tous ombrages et inconvénients entre nous : c'est que Votre Altesse Royale voudra bien tenir la main là-dessus à ce que toutes intrigues et pratiques sourdes de la part des gens de la cour de Dresde,3 soit dans le pays ou par dehors, cessent entièrement contre moi et les miens, et qu'ils ne trouvent plus de la protection. Votre Altesse conviendra, selon Sa haute pénétration, que tous ces petits et souvent indignes manèges ne mènent jamais au grand but, et ne servent qu'à aigrir et irriter les esprits, l'un contre l'autre, dont ordinairement les mauvais effets qui en résultent ne rejaillent à la fin que sur les auteurs de ces méprisables intrigues ou sur ceux qui les nourrissent. C'est donc la seule



1 Das Schloss von Harburg capilulirte am 31. December 1757.

2 Vergl. S. 39.

3 Vergl. Bd. XIV, 558. 559; XV, 495.