9671. AU DUC RÉGNANT DE BRUNSWICK.155-3

Breslau, 7 janvier [1758].155-4

Monsieur mon Frère et Cousin. Je ne saurais assez marquer à Votre Altesse combien j'ai été sensible à la lettre qu'Elle a bien voulu me faire du 31 décembre, et aux vœux qu'Elle y forme pour moi; je vous prie d'être persuadé de toute ma reconnaissance, et que, si ceux que [je] fais pour Votre Altesse, seront exaucés, l'année que nous avons commencée, sera bien plus favorable et propice pour Elle par un changement entier de Ses affaires.

Je vous remercie, d'ailleurs, de ce que vous avez bien voulu vous expliquer envers moi sur la situation très critique et violente où vos affaires se trouvent actuellement encore; soyez persuadé de la part sincère que j'y prends, et que j'en suis extrêmement touché; mais que Votre Altesse prenne en considération que, pour changer cette situation au mieux, il faut absolument de la fermeté, pour ne pas ruiner tout-àfait les affaires générales de la cause commune par des ressentiments particuliers.155-5

Je conviens que, par la pernicieuse et honteuse convention que les Hanovriens firent,155-6 vous vous trouvez délaissé et abandonné; mais songez, je vous prie, que j'y étais autant intéressé que vous, et que je fus lâchement abandonné par cette indigne convention, au point que l'ennemi se vit les mains libres par là d'abîmer quelques-unes de mes plus belles provinces, et cela justement à un temps où la situation de mes affaires fut assez scabreuse et critique. Grâce à Dieu! j'en suis revenu, et sans penser un moment à quelque ressentiment, j'ai mis plu<156> tôt toute mon attention à redresser au possible nos affaires. Que Votre Altesse pense donc que, dans de pareilles occasions, il ne reste que de la fermeté pour se tirer d'embarras, et qu'à cette fin il faut bien sacrifier ses ressentiments particuliers, quoique les plus justes, au bien public. Je connais trop les sentiments généreux de votre cœur et votre attachement pour la bonne cause que je n'en oserais douter un moment; aussi Votre Altesse sera parfaitement persuadée que je serai avec toute l'estime imaginable et avec l'amitié la plus parfaite à jamais, Monsieur mon Frère et Cousin, de Votre Altesse le bon frère et cousin

Federic.

Nach dem Concept.



155-3 Das Schreiben des Herzogs vom 31. December ist aus Blankenburg datirt.

155-4 In der Vorlage: 1757-

155-5 Vergl. S. 106. 107.

155-6 Vergl. Bd. XV, 489.