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10629. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.1

[Breslau,] 1er janvier [1759].2

Mon cher Frère. En faisant mille vœux pour votre satisfaction, je viens au contenu de votre lettre, et vous pouvez compter que, par tout ce qui me revient, les Autrichiens font marcher quelques troupes, mais les bruits en sont si différents qu'on ne sait qu'en juger. Nous avons des nouvelles d'un régiment qui va en Italie, de quelques bataillons qui, dit-on, prennent le chemin de la Hongrie.3 Mais tous ces bruits ne sont pas assez certains qu'on puisse tabler dessus; la seule nouvelle sûre que je peux vous mander, c'est qu'ils envoient leurs caissons de vivres en Hongrie, pour les faire réparer, dit-on. Si cela se trouve vrai, ils ne pourront rien entreprendre avant leur retour, et je garantirais presque qu'on peut être sûr dans ses quartiers jusques à la fin de février.

Vous saurez sans doute que le cardinal de Bernis est exilé,4 et qu'on s'attend encore à d'autres changements en France, qui peut-être paraîtront bientôt.

Adieu, cher frère, je vous embrasse de tout mon cœur, vous assurant de la tendresse sincère avec laquelle je suis, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur

Federic.6

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.5



1 Die noch vorliegenden Berichte des Prinzen Heinrich aus dem Monat Januar sind ebenso wie die vom December aus Dresden datirt.

2 In der Vorlage: 1758.

3 Vergl. Bd. XVII, 291. 423.

4 13. December 1758. Vergl. Schäfer, Gesch. des siebenjähr. Krieges II, I, S. 228.

5 Alle Schriftstücke, deren Aufbewahrungsort nicht besonders genannt ist, sind dem Königl. Geheimen Staatsarchiv zu Berlin entnommen.

6 Zwei deutsche Schreiben an den Prinzen Heinrich vom 1. und 5. Januar handeln Uber Rekrutenaushebungen in Sachsen. (Vergl. Schöning, Der siebenjähr. Krieg, Bd. II, S. 12.) Die dem zweiten Schreiben beigefügten „Neuigkeiten wegen der türkischen Umstände“ liegen nicht vor.