<613> l'ambition des autres, il est à croire que nous y trouverons notre compte. Je sais, d'ailleurs, que les Russes ont envie d'avoir un bout de la Pologne, dont ils disent avoir besoin pour se défendre contre les Turcs. Ce serait une cession à laquelle on pourrait consentir, et par là nous mettrions ces barbares dans nos intérêts.

La guerre que la Suède me fait m'étant propre et particulière, je crois devoir entrer dans une courte explication sur la façon dont la paix pourrait se rétablir entre nous. Je n'exige rien de ces misérables, sinon que le Sénat se rende encore auprès de la Reine ma sœur, pour la prier de leur procurer la paix, et que, sur nos réponses et sur la conclusion de la paix, ils retournent encore auprès d'elle pour lui en faire des remercîments.

Voilà où se bornent toutes mes vengeances. Je sens que ce que je vous ai écrit, est sujet à des longues discussions. C'est à vous à digérer et à préparer la matière, à faire des essais vous-même, ou bien à faire proposer quelques-uns de ces projets par des tierces personnes, pour voir comment ils seront reçus et jusqu'à quel point on peut les pousser; vous pourrez du moins dans quelques semaines d'ici me faire des réponses générales de ce que vous croyez faisable des choses, des choses que vous croyez impossibles.

Federic.1

Nach einer Abschrift der Ausfertigung.


11558. AU FELD-MARÉCHAL PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK.

Kœben, 31 octobre 1759.

Je vous remercie de tout mon cœur du plan que vous m'avez en voyé, à la suite de votre lettre du 24 de ce mois, de la bataille de Minden. Je l'ai vu et examiné, et j'ai fort admiré le piège dans lequel vous avez fait tomber M. de Contades. J'apprends que les Français veulent se servir des magasins que les troupes de l'Empire avaient établis dans le pays de Bamberg. Je n'en garantis pas la nouvelle à Votre Altesse, [mais]2 j'ai cru devoir vous la marquer, pour que vous puissiez rendre cette ressource inutile aux Français, en cas qu'ils l'aient imaginée.

Je regarde la prise de Québec et la bataille gagnée en Amérique3



1 Durch ein Schreiben vom 30. sucht der König den erkrankten Prinzen Ferdinand von Preussen (vergl. S. 577) zu trösten. Er fügt eigenhändig hinzu: „Vous guérirez tout-à-fait, mon cher frère, mais il vous faudra encore deux ans de patience, avant que vos nerfs trop débilités reprennent toute leur force, et alors vous vous retrouverez aussi robuste que vous l'étiez autrefois; il y a beaucoup de ressources avec la jeunesse. Vous perdez la fin de cette guerre que vous ne sauriez faire; mais, mon cher, vous en verrez bien d'autres, vons deviendrez âgé, et vous direz alors que le vieux frère avait raison. Je vous embrasse de tout mon cœur.“ [Berlin. Königl. Hausarchiv.]

2 Vorlage: et.

3 Vergl. S. 609.