10992. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE FINCKENSTEIN A BERLIN.

Landshut, 27 mai 1759.

Au commencement de la campagne les Autrichiens tirèrent leur principale force ici du côté de la Silésie. Ils n'avaient qu'un corps de 8 à 10000 hommes sur la frontière de la Saxe. Ceci facilita à mon frère le moyen d'enlever le magasin en Bohême. C'était un préalable nécessaire qui garantit toute la lisière de la Saxe et lui donnait la facilité de se porter sur les troupes de l'Empire, où mon frère enleva encore un magasin très considérable et fit souffrir des pertes assez fortes à cette armée de leurs forces; après quoi il ne lui reste que de retourner en Saxe. Les troupes de l'Empire ne pourront reparaître pendant un temps de deux mois; ce qui pourra donner à mon frère le temps de faire un détachement considérable qui marchera contre les Russes. Il veillera en même temps sur la Lusace, pour empêcher toute invasion de ce côté-là.

De notre côté, les choses commencent à devenir260-1 à quelque décision, et, si M. Daun veut pénétrer en Silésie, comme il en a l'envie, il aura à essuyer les plus grandes risques, avant que d'achever son dessein. Je ne saurais vous dire quel en sera le succès; mais si nous avons une bataille tant soit peu avantageuse de ce côté-ci, j'aurai heu de supposer que le reste de la campagne prendra une tournure avantageuse.

Vous savez le détachement que Manteuffel a fait contre les Suédois, que je crois suffisant pour les tenir en échec.

Ce sont là toutes les mesures que j'ai pu prendre, malgré les forces de l'ennemi et la faiblesse des miennes. Je vous en fais le détail, pour que vous sachiez à quoi vous en tenir. Quant à l'évènement, vous jugez bien qu'il dépend de la fortune et de ses hasards, dont on ne saurait disposer.

Federic.

Nach der Ausfertigung.



260-1 So.