11168. AU PRINCE HENRI DE PRUSSE.

Waltersdorf, 6 juillet 1759.

Tout le gros de l'armée autrichienne est marché comme vous le savez. Daun est arrivé hier après-midi à une heure à Reichenberg en Bohême; avant-hier, le général Laudon était entré à Greifenberg, et il a voulu passer jusqu'à Hirschberg, mais Seydlitz l'a rencontré à demichemin et l'a si bien accommodé qu'il s'est enfui en Bohême. On lui a fait 5 officiers et environ 100 hommes prisonniers; mais comme nos hussards ont été fort acharnés, ils n'ont guère donné de pardon, et vous pouvez compter là-dessus que cette affaire coûte 300 hommes aux Autrichiens.382-3

Je suis marché avec la tête de l'armée, et je suis arrivé ici à Lshn ce matin. Le Margrave avec la gauche arrive aujourd'hui auprès de Hirschberg. J'ai laissé 18000 hommes à Fouqué, pour garder le poste important de Landshut. Daun marchera sur Lauban, et je suis persuadé qu'il n'entrera pas en Silésie avant le 10 de ce mois; s'il passe le Queiss, vous pouvez compter là-dessus qu'on lui jouera quelque tour. Il faut que cela en vienne à une décision prompte que le bien des affaires exige absolument.

Depuis le 29, je suis sans nouvelles de Dohna,382-4 j'en attends à tout moment; dès que j'en aurai, je vous les marquerai. Veuille le Ciel que nous n'apprenions rien de fâcheux du côté du prince Ferdinand! mais je crois pouvoir vous dire qu'entre le 12, 13 et le 14, il y aura quelque chose de décidé dans ces contrées. Il y a toujours du hasard dans ces choses-là, comme vous le savez très bien; mais cependant pour cette fois-ci, je ne crois pas qu'il y ait tant à craindre pour moi.

Federic.

Nach dem Concept.

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382-3 Die gleichen Mittheilungen hatte der König, wie Eichel am 7. an Finckenstein schreibt, dem Cabinetssecretär zugehen lassen, „um einigen Stoff zu einem Zeitungsarticul zu geben“ . Vergl. „Berlinische Nachrichten“ Nr. 82 von Dienstag 10. Juli.

382-4 Vergl. Nr. 11156.