<348> plus efficace pour parvenir à une prompte conclusion, que, d'ailleurs, je me repose sur la probité et la droiture des ministres anglais, tout comme à leur bonne disposition pour mes intérêts, pour soupçonner seulement qu'ils sauraient agir contraire à mes intérêts et à ceux de la cause commune, en sorte que je fais des vœux, afin que cette négociation soit au plus tôt constatée et finie, ce qui me sera une sorte de grande satisfaction; ce que vous ne devez nullement dissimuler aux susdits ministres. Si le coup sur Belle-Isle1 s'est fait, il sera excellent pour presser d'autant mieux la France à la conclusion de la paix, à moins qu'après la flotte anglaise ne voudrait pas passer outre.

Au reste, les apparences qu'il y a d'une invasion que les Autrichien: méditent de faire de leurs frontières dans la Silésie d'un côté et de l'autre les préparatifs que les Russes font aux frontières de la Pologne et de la Poméranie pour agir contre cette province également que contre la Silésie, m'obligent indispensablement de me tourner là avec quelques troupes d'augmentation de mon corps d'armée en Silésie, afin de détourner là tout préjudice pendant la situation présente des affaires. Vous en pourrez communiquer avec les ministres, en leur assurant que ce n'est que dans ce but-là et pour défendre mes États et les soutenir dans la situation où ces provinces se trouvent à présent, mais que d'ailleurs je m'y tiendrai tranquille, à moins que l'ennemi ne voudra commencer ses opérations contre moi. Je pourrai me tromper en l'une ou l'autre circonstance, mais ce qui me paraît très vraisemblable, c'est que les Autrichiens ont une forte envie de faire encore cette campagne pour tenter fortune, sur quoi je crois qu'aucune considération ne l'arrêtera, à moins que la plus grande partie des puissances belligérantes ne convienne au plus tôt d'une suspension d'armes générale en Allemagne qui les forcerait peut-être à se tenir coi. Ainsi j'irai de ce côté-la pour empêcher le mal, autant que mes facultés le permettront; mais cela n'arrêtera en aucune façon les négociations sur la paix, parceque j'ai autorisé mon ministre le comte de Finckenstein et lui ai donné des instructions plénières sur tout ce qui pourra être relatif à ces négociations,2 et auquel vous saurez vous adresser en tout ce qui regarde ces affaires.

Federic.

Nach dem Concept.


12835. INSTRUCTION POUR LE PRINCE HENRI.

[Meissen, 21 avril 1761.]3

Je pars d'ici pour marcher du côté de la Silésie et empêcher, autant qu'il sera en moi, que malheur n'arrive, avant que les négociations de paix aient pris une certaine consistance.



1 Eine Insel an der Mündung der Loire.

2 Vergl. dazu Nr. 12829.

3 Das Datum nach der Ausfertigung.