<169>tinuée, et c'est par cette raison que je vous réitère mes ordres de disposer l'Empereur par des insinuations convenables pour qu'il s'y prête selon mon désir. En cas que ces troupes n'appartiennent pas à l'Empereur, il suffit qu'elles soient absoutes du serment prêté à leur destination, et ainsi mises hors de faction, mais si lésdites troupes dépendent directement de la disposition de Sa Majesté Impériale, l'Empereur m'obligerait agréablement, s'il voudrait bien me les céder et, après les avoir dégagées de leur serment, les faire entrer à mes services. Et afin que ce Prince n'y perde rien, je suis prêt à lui en livrer l'équivalent en recrues. Ainsi vous travaillerez de diriger cette affaire au but désiré.

Federic.

Nach dem Concept.


1462. AU MINISTRE D'ÉTAT BARON DE MARDEFELD A MOSCOU.

Pyrmont, 4 juin 1744.

J'espère que la dépêche que je vous ai faite en date du 2 de ce mois vous sera bien parvenue; comme il faut qu'à l'arrivée de celle-ci le sort du vice-chancelier Bestushew soit déjà décidé, c'est-à-dire ou qu'il sera déplacé et envoyé ailleurs, ou qu'il aura un supérieur et des collègues capables de le contenir, ou qu'il sera continué en place et en crédit par le savoir-faire de l'Archimandrite favori et de ses autres adhérents, je veux bien vous dire que je serai charmé d'apprendre l'un ou l'autre des deux premiers cas énoncés; mais si, contre toute attente, et par une destinée peut-être fatale à l'Impératrice, le troisième cas était arrivé, et que ledit Vice-Chancelier se serait maintenu en place ou qu'il serait même déclaré grand-chancelier, les circonstances présentes et l'exécution des desseins que je médite demandent alors absolument que vous changiez un peu de mesures, et qu'en tâchant de vous conserver autant qu'il est possible la confidence de vos amis anciens, vous employiez tout votre savoir-faire pour faire changer le vice-chancelier Bestushew de parti et de conduite qu'il a tenus jusqu'ici envers moi, pour l'attirer dans mes vues et mes intérêts et pour me gagner son amitié et sa confiance par des sommes que vous lui offrirez de ma part. Dans ce cas-là, et si vous croyez qu'il soit possible de le faire entrer dans tout ce que je viens de vous dire, je vous permets et vous autorise par la présente de lui offrir la somme de 100,000 ou 120,000, même jusqu'à 150,000 écus, que je vous ferai remettre d'abord que j'aurai votre rapport sur ce sujet. Il serait tout-à-fait superflu si je voulais vous dire qu'il faudrait que vous vous preniez dans cette commission d'une manière bien délicate et avec toute la prudence possible, pour ne pas vous exposer à un refus de la part de Bestushew et qu'il fît un sacrifice de votre offre soit à sa souveraine soit au parti anglais ou saxon ou qu'il escroquât votre argent sans changer de conduite, étant déjà gagné des