1395. AU MINISTRE D'ÉTAT BARON DE MARDEFELD A MOSCOU.

Charlottembourg, 14 avril 1744.

La relation que vous m'avez faite en date du 23 du mois de mars passé, n'a pas laissé de m'affliger sensiblement, lorsque j'y ai vu ce que vous me mandez de la maladie dangereuse dont la jeune princesse de <95>Zerbst a été attaquée; et quoique j'aie commencé à respirer, puisque je n'ai reçu depuis aucune estaffette de vous, ce qui m'assure que son état va mieux, je ne suis pourtant pas hors d'angoisses avant que je n'aie reçu de vos nouvelles sur le parfait rétablissement de cette chère Princesse.

Vous n'oublierez pas de témoigner à la Princesse sa mère, en lui présentant de ma part la lettre ci-jointe, la part que je prends à son affliction sur cet accident inopiné, et que je fais des vœux au Ciel pour ne pas nous priver d'une Princesse qui fait l'unique consolation et espérance de personnes que j'estime et honore infiniment. Vous ferez pareillement un compliment convenable là-dessus tant à l'Impératrice qu'au Grand-Duc.

Les assurances que vous me donnez que l'Impératrice ne topera point aux propositions que le lord Tyrawley pourra lui faire pour l'entraîner dans le parti mal intentionné, m'a fait plaisir, et le tour que vous avez pris pour faire quelque présent au sieur de Sievers est très bien pensé; aussi approuvé-je parfaitement la dépense que vous avez faite à ce sujet, et vous en tiendrai compte. Je suis persuadé qu'aussitôt que les circonstances le permettront, vous ne perdrez pas un moment pour travailler à faire réussir les quatre points que je vous ai mandés par ma dépêche que le dernier courrier vous aura apportée.

Federic.

Nach dem Concept.