<394> Puyzieulx, touchant les propositions que j'ai fait faire aux Saxons, quoique sans succès, m'a fait plaisir, et je suis persuadé qu'il en a senti toute la solidité. Vous devez au surplus insinuer convenablement au marquis de Puyzieulx, dès que vous y trouverez une occasion favorable, que, quand j'ai recherché la cour de Saxe et lui ai fait faire des propositions, je n'y ai jamais eu un autre motif que de faire plaisir à la France et de favoriser ses intérêts, en tâchant d'enlever par là un allié à la reine de Hongrie; car, sans cela, dans la situation où j'ai déjà la Saxe, je ne l'aurais point recherchée, sachant trop bien que je n'ai rien à espérer d'elle, et encore moins de raisons à la craindre, ainsi que je puis bien dire sans vanité que ç'a été un pur effet de ma modération et de l'attachement que j'ai à la France, quand j'ai recherché la cour de Saxe.

Federic.

Nach dem Concept.


2645. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN.

Potsdam, 17 mai 1747.

Je vous suis bien obligé du compte que vous m'avez rendu de cet entretien que vous avez eu depuis peu avec le comte de Keyserlingk. La conclusion que j'ai tirée de tout ce que vous vous êtes dit l'un à l'autre, est que par la grande différence de sentiments et de vues nous sommes encore fort éloignés de cette bonne harmonie avec la Russie et la cour de Vienne que le comte de Keyserlingk paraît tant prendre à cœur. Au surplus, j'ai envoyé Fredersdorf à Berlin pour y choisir une tabatière d'or, garnie de diamants, avec mon portrait en dedans, et pour vous l'envoyer, afin que vous la présentiez de ma part au comte de Keyserlingk comme une marque de mon souvenir, en l'assurant combien je serais charmé de lui faire plaisir dans toutes les occasions qui s'y offriraient. S'il y a encore quelques fusils ou autres armes antiques dans ma Rüstkammer, je vous permets d'en choisir un et de le faire présenter encore de ma part audit comte. Et sur cela, je prie Dieu etc.

Federic.

Nach der Ausfertigung.


2646. AU PRINCE D'ORANGE ET DE NASSAU A LEEUWARDEN.

Potsdam, 17 mai 1747.

Monsieur mon Cousin. Vous pouvez être persuadé de la part que je prends à tout ce qui regarde votre personne, et que j'ai appris avec satisfaction l'unanimité dont les Provinces-Unies vous ont élu leur stathouder. Vous allez maintenant monter sur un théâtre où vous pourrez déployer aux yeux de toute la terre ces vertus que, jusqu'à ce temps, vous ne renfermiez pas tant en vous-même que vos amis ne les connussent. Vous trouvez les affaires de la République dans une situation critique; c'était dans des circonstances semblables où les Romains