<531> ministre aux conférences à ouvrir à Aix-la-Chapelle,1 celui-ci insistera encore pour que je doive faire des démonstrations à ce congrès, afin qu'il en revienne quelque avantage à la France. Les raisons cependant que j'ai de ne pas envoyer un ministre à ce congrès avant que je ne puisse voir plus clair que jusqu'ici sur l'issue que ce congrès saurait avoir, me paraissent trop fondées pour que M. de Puyzieulx y saurait trouver à contredire avec solidité. Je sais qu'à Vienne on ne fait que rire de ce congrès, et que l'on y compte plutôt sur le secours russien, duquel on se flatte qu'il fera en France la même impression que, selon eux, il a fait l'année 1735, c'est-à-dire qu'il obligera la France à songer sérieusement à la paix, et de l'accepter telle qu'on la lui prescrira. On y est seulement inquiet sur les entreprises que la France pourrait former sur la Hollande, en profitant de la gelée pour pénétrer dans l'intérieur de la République et déranger par là toutes les mesures qu'on prend à Vienne pour continuer la guerre. D'ailleurs, la cour de Vienne se flatte encore trop de pouvoir mettre en exécution son projet favori, qui est de reprendre le royaume de Naples, pour qu'elle voudrait se prêter à aucune proposition de paix. Quant à la marche du secours russien, mes dernières lettres de Pétersbourg sont qu'il n'y avait jusque là rien de conclu sur ce sujet, et qu'il se pourrait même que cette marche n'eût pas lieu, puisqu'il y avait un parti assez considérable dans le Sénat qui s'y opposait; que cependant le chancelier Bestushew travaillait avec toute la vivacité possible à faire consister cette marche. Vous ne laisserez pas de faire votre usage de toutes ces particularités dont je vous instruis, dans les entretiens que vous aurez avec M. de Puyzieulx, quoique toujours en lui demandant de vous en garder le secret. Au reste, si les raisons que vous me marquez, par votre dépêche du 13 de ce mois, continuent, pourquoi la France ni ses alliés ne sauraient envoyer leurs ministres à Aixla-Chapelle, vous pouvez proposer adroitement à marquis de Puyzieulx la ville de Clèves pour le congrès de paix, comme étant à portée et sans troupes qui y fassent la garde, et d'ailleurs assez propre pour un pareil congrès.

Federic.

Nach dem Concept.


2847. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN.

Potsdam, 25 novembre 1747.

Ayant lu et examiné ce que vous m'avez mandé du 23 de ce mois, touchant la résolution de la république de Hollande sur les deux mémoires de l'abbé de La Ville dont le comte de Gronsfeld vous a remis la copie, que je vous renvoie ci-close, je veux bien vous dire que vous devez remercier fort poliment ce ministre de la communication de cette pièce, et, en vous rapportant à tout ce que je vous ai déjà déclaré de bouche sur ce sujet, lui déclarer honnêtement que je chérissais



1 Vergl. S. 505. 512.