<223> enfin, que le tout concourait à renverser, s'il était possible, les établissements de la maison de Gottorp et à réunir tout le monde aux vues du parti autrichien et anglais. Je laisse en suspens et indécis si cet avis est fondé ou non, mais je désire cependant d'en savoir votre sentiment, que vous ne me marquerez que par vos dépêches à mes mains propres.

Federic.

Nach dem Concept.


3236. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD A STOCKHOLM.

Potsdam, 31 août 1748.

Je viens d'être averti de bonne part, et de façon que je puis y compter absolument, que la Russie n'entreprendrait jamais de troubler, en cas du mort du roi de Suède, l'ordre de succession qui y est établi, mais qu'aussi il n'était point à douter que, si après le décès du roi de Suède on apportait quelque changement dans la forme présente du gouvernement de Suède, immanquablement les Russes ne manqueraient point, en ce dernier cas, de rompre et d'exciter des troubles. N'ayant aucune bonne raison de me défier de la certitude du susdit avis, qui par hasard m'est revenu de très bon lieu, mon intention est que vous le communiquiez à la princesse royale de Suède en personne, lui faisant même lire votre déchiffré de la présente dépêche, en y ajoutant que, comme la Suède se trouvait présentement dans un manque général tant de troupes disciplinées et de vaisseaux que d'espèces, j'étais fort du sentiment qu'il fallait y suppléer par beaucoup de prudence, en prenant pour premier objet de ses mesures, après la mort du roi de Suède, d'établir solidement le Prince-Successeur sur le trône, sans vouloir changer d'abord du commencement quelque chose à la forme du gouvernement d'à présent, et que tout ce que l'on saurait faire de mieux dans la crise des affaires, serait de se remettre sur le bénéfice du temps, des circonstances et des conjonctures de tout ce qu'il serait à propos d'introduire pour le bien des intérêts de la couronne de Suède.

Federic.

P. S.

Le rapport que vous venez de me faire, par votre dépêche du 20 de ce mois, a de quoi me contenter, par les bonnes nouvelles que vous m'y donnez à l'occasion de l'arrivée du général major de Latinghausen1 à Stockholm. Les choses cependant que je viens de vous écrire par ma dépêche d'aujourd'hui, n'en sont pas plus à négliger pour cela.

Nach dem Concept.



1 Commandant von Helsingfors. Rohd bezeichnet denselben als „homme très attaché au bon parti et d'un grand zèle pour sa patrie. Il m'a fort rassuré sur la situation des choses en Finland... qu'on n'y a aucun lieu d'être en peine des mouvements russes.“