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Les Anglais, pour empêcher la France de pénétrer leur dessein, ont employé non sans succès des insinuations malignes auprès de la France pour me faire passer pour un brouillon et pour un homme qui ne désire que la guerre, le tout en vue de rendre suspectes les ouvertures que je pourrais faire à la France.

Voici le précis de la façon que j'envisage toutes ces choses-là; or, comme il m'importe de savoir vos idées là-dessus selon les connaissances que vous vous êtes acquises là où vous êtes et selon ce que vous pénétrerez encore, je vous ordonne de m'écrire tout naturellement si vous croyez mes conjectures fondées ou non. Au surplus, il serait superflu de vous faire ressouvenir que vous devez avoir toute l'attention possible pour approfondir de plus en plus ce qui peut être de tout le manège susmentionné. Le zèle que je vous connais pour mon service, avec votre habileté, me sont de sûrs garants que vous ferez tout ce qui est humainement possible à cet égard.

Quant au payement des dettes sur la Silésie, je vous ordonne que vous devez donner, partout où il faudra, les assurances les plus fortes et les plus positives que je les paierai, avec les intérêts stipulés, immanquablement, et que je m'arrangerai là-dessus de sorte que personne n'y perdra rien. Ce qui m'embarrasse cependant sur cet article, c'est que je ne sais pas s'il est de la prudence de m'acquitter de ces dettes pendant un temps où le roi d'Angleterre témoigne tant de mauvaise volonté à mon égard, en complotant avec tout ce que je puis avoir d'ennemis, et où les plus grands orages menacent de tous côtés ; sur quoi je souhaiterais bien d'avoir votre conseil.

Federic.

Nach dem Concept.


3442. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE VOSS A VARSOVIE.

Berlin, 25 janvier 1749.

J'ai reçu votre dépêche du 15 de ce mois. Comme le Vice-Chancelier1 vous a confirmé lui-même la nouvelle d'une Diète extraordinaire dont le Roi doit avoir souscrit les Universaux sans que la date y soit insérée, ce procédé peu usité me donne en quelque manière à penser, et vous ne laisserez pas d'être bien attentif afin d'éclairer de bien près les suites qu'un tel arrangement extraordinaire aura et les motifs secrets qui y pourront avoir donné lieu, de même que les desseins que la cour de Saxe y voudra cacher. Je vous renvoie, au surplus, à tout ce que je vous fais mander aujourd'hui par mes dépêches du département des affaires étrangères.2

Federic.

Nach dem Concept.



1 Graf Wodzicki.

2 Vergl. Nr. 3438.