<389> de Tessin leur a donné hautement le démenti, ce qui était bien nécessaire dans les conjonctures présentes.

Il y a encore une chose qui ne demande pas moins l'attention du ministère de Suède que toutes les autres affaires. C'est qu'il devrait nécessairement convenir à temps sur les arrangements à prendre pour la Diète à convoquer dès que le Roi sera décédé, et préparer en conséquence tout ce qui sera nécessaire pour prévenir tous débats ou longueurs, et. tout ce qui saurait empêcher que le gouvernement du nouveau roi ne se fît d'abord. Et comme vous savez assez les fortes et solides raisons qui exigent absolument qu'on ne touche pas le moins du monde à la forme du gouvernement, je souhaiterais encore qu'il y eût moyen de borner cette Diète extraordinaire là à la simple reconnaissance du nouveau Roi, à laquelle fin il faudrait convoquer les États à Upsala, heu ordinaire du couronnement, afin d'éviter par là la tenue d'un comité secret, qui ne saurait qu'entraîner infailliblement des longueurs, des discussions et peut-être même des intrigues dont les cours ennemies de la Suède ne manqueraient pas de profiter. Comme je ne suis pas assez au fait de la constitution du royaume pour savoir au juste si une telle Diète peut avoir lieu conformément aux lois du gouvernement, je veux que vous vous en expliquiez avec le comte de Tessin et avec le sieur de Rudenschöld et avisiez avec eux ce qu'ils en trouvent faisable. H serait toutefois à souhaiter qu'une telle Diète où il ne s'agirait simplement que de la reconnaissance et du gouvernement du nouveau Roi, pût avoir heu, afin de ne pas laiser le loisir ni fournir l'occasion aux ennemis de la Suède de semer de la discorde et de gagner par là le temps de parvenir à leurs vues pernicieuses.

Federic.

Nach dem Concept.


3491. AU CONSEILLER BARON LE CHAMBRIER A PARIS.

Potsdam, 25 f évrier 1749.

Comme la dernière poste ne m'a apporté aucune dépêche de votre part, et qu'il faut que j'attende celle qui suivra pour avoir votre réponse relativement aux différentes insinuations que je vous ai chargé de faire au marquis de Puyzieulx concernant les affaires du Nord, je vais vous dire présentement que, selon mes dernières lettres de Londres, le ministère anglais continue à garder un silence opiniâtre là-dessus, mais qu'on ne laisse pas d'entrevoir assez clairement qu'il y a un orage en l'air, mais qui ne paraissait pas encore entièrement formé; que l'animosité de la Russie contre le Prince-Successeur en Suède était grande; que le comte Chesterfield, que vous ne nommerez cependant pas, avait confié à un de ses amis, dès l'année passée, que l'Impératrice lierait si bien la partie, à la paix, que l'ordre de succession en Suède serait renversé, ajoutant que tout cela pourrait avoir de grandes suites, mais qu'il fallait