<39> argumenter sur son système des colonnes. On ne saurait lui refuser au moins d'avoir eu le discernement fort juste : il a annoncé d'avance tous les grands talents que vous montrez aujourd'hui si avantageusement pour la France, et cet augure suffirait seul pour faire honneur à son jugement et à ses connaissances. Je ne doute pas que vous ne le justifiez encore cette campagne, et je me prépare à m'instruire de nouveau par vos démarches, en attendant que je puisse, en vous voyant ici, profiter plus particulièrement de vos leçons. J'attendrai ce moment avec impatience et je le verrai avec d'autant plus de satisfaction que j'en ai toujours beaucoup à vous marquer l'estime particulière avec laquelle je suis, Monsieur le Maréchal, votre affectionné ami

Federic.

Nach dem Concept.


2949. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A DRESDE.

Potsdam, 21 février 1748.

J'ai reçu votre dépêche du 17 de ce mois, par le contenu de laquelle vous m'informez de quelle manière vous vous y êtes pris pour faire certaines insinuations au vice-chancelier de Pologne1 touchant la marche des Russes par la Pologne. Toutefois je vous avertis, et je veux que vous vous donniez bien des gardes avec lui en ce que vous pourriez continuer à lui insinuer sur pareille matière, parceque je sais par propre expérience que les Polonais en général sont si changeants et journaliers qu'on ne saurait pas faire fond ni se reposer aucunement sur eux.

Au reste, comme le roi d'Angleterre vient de déclarer le sieur de Legge, commissaire de la trésorerie et qui est frère du comte de Dartmouth, son envoyé extraordinaire et plénipotentiaire à ma cour, avec ordre de se mettre le plus tôt en chemin pour se rendre à sa destination, mon intention est que vous vous arrangiez aussi de votre côté de façon à pouvoir vous congédier sans perte de temps là où vous êtes, pour en pouvoir partir après environ l'espace de huit jours. J'ai donné ordre à cet effet à mes ministres du département des affaires étrangères de vous envoyer incessamment vos lettres de rappel, de même que celles de créance pour le conseiller privé de Voss, afin que celui-ci puisse vous relever de votre poste. Après tout, quand vous vous mettrez en chemin, ce sera pour venir ici en droiture auprès de moi à Potsdam.

Federic.

Nach dem Concept.


2950. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN.

Potsdam, 22 février 1748.

L'avertissement que le sieur de Klinggræffen vient de nous donner par le post-scriptum chiffré de sa dépêche du 17 de ce mois par rapport



1 Graf Wodzicki.