3237. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD A STOCKHOLM.

Breslau, 5 septembre 1748.

Les dernières lettres que j'ai eues de Pétersbourg, me confirment fortement dans tout ce que je vous ai mandé par la dépêche antérieure que je vous ai faite immédiatement, par rapport aux conjonctures présentes, qui ne veulent permettre qu'on pense à faire quelque changement dans la forme du gouvernement présent en Suède, sans courir grand risque de tout gâter. Voilà de quelle manière ces lettres au-dessus mentionnées s'expliquent :

« Les négociations du baron de Höpken224-1 seront des plus épineuses, il n'y a pas ici jusqu'au petit peuple qui ne dise que le voyage de l'Impératrice en Moscovie n'aura pas lieu dans le cas de mort du roi de Suède, et tout le monde parle publiquement du dessein que les Suédois ont de rétablir la souveraineté, et de l'opposition que la souveraine de Russie y mettra au premier signal du parti opprimé. Ces discours ne laissent pas de mériter attention, puisqu'il est à coup sûr une suite des bruits que le premier ministre fait courir, qu'on en pourrait presque inférer qu'on a gagné quelques mal intentionnés en Suède qui doivent demander du secours à la Russie, pour empêcher les changements que l'on voudra faire à la forme du gouvernement. Il faut convenir qu'on n'est pas en état ici de faire de grandes réalités, et que les Suédois ne doivent pas se laisser étourdir par des démonstrations. Mais je crains que le Grand-Chancelier ne mette le roi de Danemark de la partie, ce qui pourrait causer un grand désordre et beaucoup de division parmi les Suédois. »

Vous ne manquerez pas de communiquer tout ceci à Madame ma Sœur et de lui laisser même lire, s'il est possible, cette dépêche, dès que vous l'aurez déchiffrée.

Federic.

Nach dem Concept.



224-1 Vergl. S. 203.