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3886. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS, ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE, A VIENNE.

Potsdam, 23 septembre 1749.

Quand vous dites, dans la dépêche que la dernière poste m'a apportée de votre part, que la cour où vous êtes a perdu pour le moment présent l'envie d'interrompre la tranquillité de l'Europe, mais que cela ne l'empêchera pas de guetter le temps favorable où elle estimera de pouvoir mettre en exécution ses desseins, je crois que vous avez rencontré fort juste. La nouvelle de la déposition du Mufti à Constantinople me paraît un peu sujette à caution et je la regarde encore comme de l'invention du comte d'Ulfeld, pour en imposer à la Suède. Au surplus, ce que vous me marquez au sujet du sieur Blondel, m'oblige de vous dire encore que vous devez agir avec cet homme aussi dangereux qu'étourdi et présomptueux avec tout le ménagement et toutes les précautions possibles.

Federic.

Nach dem Concept.


3887. AU MARQUIS DE VALORY, ENVOYÉ DE FRANCE, A BERLIN.

Potsdam, 26 septembre 1749.

Monsieur le Marquis de Valory. Je vous communique derechef en grande confidence, et sous les mêmes conditions que j'ai déjà exigées de votre part, une pièce intéressante ci-jointe qui m'est tombée fortuitement entre les mains et dont vous pourrez vous informer du contenu Par la traduction littérale que j'y ai fait ajouter.

Les remarques que je puis faire à cette occasion, sont qu'il paraît presque que les cours de Vienne et de Londres procèdent de bonne foi à déhorter la Russie de n'en pas venir à des troubles^ et encore moins à une rupture ouverte avec la Suède, mais que, ce nonobstant, le chancelier Bestushew serait très capable d'en venir à des extrémités envers la Suède, quand bien même la Russie ne pourrait point s'attendre d'abord à des secours efficaces des cours de Vienne et de Londres.

C'est, au reste, à votre prudence que je me rapporte sur l'usage que vous jugerez à propos de devoir faire de cette confidence auprès de votre cour; seulement exigé-je de vous que vous y apportiez toute la prévoyance et circonspection humainement possible, afin que le secret m'en soit gardé inviolablement.

Federic.

An den Grafen von Ulfeld.

Moskau, 4. September 1749.

Der Lord Hyndford ist heute gegen Mittagszeit bei dem Grossanzler gewesen und hat sich bemühet, den Graf von Bestushew zu bewegen, damit hiesiger Hof in diejenigen Wege, so dem Keith pro-