<143> l'animer à être attentive sur les affaires du Nord. Car vous pouvez compter sûrement que, si entre ici et cinq ans la cour de Vienne ne se trouve embarrassée de quelque incident et qu'elle garde les bras libres, elle m'entamera indubitablement alors et tâchera d'allumer un nouveau feu de guerre, ce dont tous les arrangements qu'elle fait actuellement me sont de sûrs garants. Mais quoi qu'il en soit, je crois que dans le moment présent une nouvelle guerre convient aussi peu à la France qu'à toute l'Europe.

Federic.

Nach dem Concept.


3936. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS, ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE, A VIENNE.

Potsdam, 20 octobre 1749.

Votre dépêche du 11 de ce mois m'est bien parvenue. La conduite que vous marquez de tenir à l'égard du sieur Blondel, est sage et bonne et d'autant plus nécessaire que son caractère dangereux demande que vous soyez sur vos gardes avec lui, quoiqu'il soit indispensable que vous gardiez en même temps tous les dehors avec lui, pour confondre vos envieux; car je veux bien vous dire, quoique sous le sceau du dernier secret, qu'il est échappé au chancelier Ulfeld de dire à un de ses amis intimes1 que vous et Blondel aviez appris à vous connaître l'un l'autre et qu'on ne vous verrait guère plus ensemble, et qu'il a même poussé son effronterie là-dessus aussi loin que de taxer le baron de Beckers de double espion entre vous et Blondel; particularités que je ne vous communique absolument que pour votre direction seule, et dont vous ne devez faire jamais aucune mention dans vos relations ordinaires, comme de toutes autres confidences que je vous fais dans mes dépêches immédiates, ce que je vous enjoins de bien observer. Pour revenir encore une fois au sieur Blondel, il faut qu'il soit bien stupide, si les discours étudiés et les confidences affectées que l'Impératrice-Reine lui fait, font de l'impression sur lui, dans le même temps qu'on montre tant de jalousie contre la Bavière de ce qu'elle prend des subsides de la France.

Si l'Impératrice-Reine s'attache à payer ses dettes hors du pays, je doute que ce soit tant par un motif à regagner du crédit que plutôt Parcequ'elle ne peut plus s'en dispenser, se voyant fort pressée ladessus. J'aurais, de plus, bien souhaité que vous fussiez entré dans quelque détail qui sont donc ceux pour lesquels elle s'empresse de leur acquitter ce qu'elle leur doit. Quoi qu'il en soit, je crois que, malgré qu'elle s'attache à acquitter ses dettes hors du pays, elle met cependant chaque année deux millions d'écus dans son épargne, vu les dépenses considérables qu'elle a retranchées dans son économie. Au surplus, vous ne sauriez croire combien il m'intéresse d'être exactement informé



1 Vergl. S. 138.