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4136. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE GOLTZ A SAINT-PÉTERSBOURG.

Goltz berichtet, Petersburg 3. Ferbruar: „Il m'est revenu que le sieur Funcke chipote plus que jamais avec le chancelier Bestushew, qu'ils se communiquent des cahiers entiers, et que le ministre saxon entretient une correspondance régulière avec le ci-devant secrétaire Gyllenstjerna qui fut arrêté à Stockholm en 1740 et qui se trouve actuellement en Courlande au service de la Russie. Ces intrigues ont apparemment pour objet de concerter ensemble les moyens d'exciter des troubles en Suède, en y grossissant le nombre des partisans de la cour d'ici, et il se pourrait fort bien que. le comte Bestushew, voyant ses efforts employés inutilement pour vaincre la fermeté du ministère présent de Suède, eût pris la résolution de faire jouer tous les ressorts imaginables pour le culbuter.“

Potsdam, 21 février 1750.

Je suis très persuadé que les conjectures que vous faites sur les vues pernicieuses du chancelier Bestushew contre la Suède et que vous me marquez par votre dépêche du 3 de ce mois, sont des plus fondées, et je ne saurais assez vous recommander à cette occasion, tant à vous qu'au conseiller d'ambassade Warendorff, de tâcher principalement de bien approfondir, pour m'en pouvoir faire votre rapport, quelles impressions le changement arrivé dernièrement dans le ministère de Constantinople a pu faire sur le chancelier Bestushew, et je vous enjoins en outre d'avoir un œil fort attentif à tous les arrangements militaires qu'on prend là où vous êtes.

Federic.

Nach dem Concept.


4137. AU CONSEILLER PRIVÉ DE CAGNONY A MADRID.

Potsdam, 21 février 1750.

Votre dépêche du 26 de janvier dernier m'est bien parvenue, et je ne saurais vous rien écrire de positif si vous deviez prendre caractère public et sur une augmentation de vos appointements, avant que vous ne m'ayez mandé avec plus de précision ce que le ministre d'Espagne de Carvajal aura dit à votre mémoire en question, comment il aura reçu l'affaire et s'il y veut entrer ou non.

Je trouve d'ailleurs qu'il serait bon que vous vous expliquiez envers ce ministre que vous prendriez caractère public, et que pour cela vous étiez déjà pourvu de lettres de créance, si seulement vous pouviez en quelque façon espérer un bon succès dans vos négociations.

Après quoi, si vous ne voyez absolument point jour de pouvoir réussir dans vos commissions, ma volonté est, pour lors, que vous vous donniez bien de garde de prendre de caractère.

J'attends, ainsi, que vous me fassiez en peu votre rapport sur ce que dessus, pour pouvoir vous satisfaire en conséquence. Aussi me