3889. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD A STOCKHOLM.

Rohd berichtet, Stockholm 16. September: „Le comte Tessin n'a pas négligé l'occasion de la dernière conférence avec le ministre de Russie112-1 pour lui donner à connaître qu'en cas que sa cour eût des preuves ou des indices qu'il y avait des gens ici qui travaillaient à faire changer la présente forme du gouvernement, la cour de Russie ne saurait agir plus amiablement envers celle de Suède qu'en l'informant du détail de ce qu'elle en pourrait savoir, afin que le gouvernement suédois, en étant averti, pût sur ces indices tâcher d'en découvrir davantage et prendre làdessus les mesures les plus convenables pour éviter le danger d'un pareil changement, si en effet l'État en courait quelque risque, quoique le ministère n'en avait aucune connaissance. Le président de la chancellerie m'a dit lui avoir lâché cela exprès, après la conférence finie, par manière de conversation et sans dire qu'il lui en parlait par ordre, toutefois en lui insinuant qu'il ferait bien de se procurer sur cela les lumières de sa cour.“

Potsdam, 27 s eptembre 1749.

Tout ce que le comte Tessin a dit encore au sieur Panin à l'occasion de la conférence tenue pour répondre à celui-ci, à la déclaration qu'il a faite de la part de sa cour, et dont vous me rendez compte dans votre dépêche du 16 de ce mois, est bon et bien pensé; mais j'appréhende fort que la réponse que le ministère de Suède a donnée à la déclaration en question, ne soit un peu trop forte et que le chancelier de Russie, Bestushew, ne la prenne fort haut. Heureusement nous voilà dans la saison où la Russie ne saura guère plus entreprendre quelque démarche violente contre la Suède.

Au surplus, je viens d'apprendre par un canal bien sûr112-2 que le ministre anglais, lord Hyndford, va à présent d'assez bonne foi pour calmer le chancelier Bestushew, et qu'il lui a fait toutes les représentations possibles pour lui faire comprendre les suites qu'il y aurait s'il ne se prêtait à quelque accommodement avec la Suède, mais qu'il n'a guère pu réussir jusqu'à présent et qu'on a assemblé, le 5 de ce mois, un grand conseil de tous les colléges à Moscou, pour y délibérer en présence de l'Impératrice sur les affaires de Suède. Reste à apprendre quel en aura été le résultat; en attendant, je veux bien permettre que vous fassiez confidence à vos amis du ministère de Suède de cette circonstance, afin qu'ils s'en aperçoient que la cour de Russie n'est pas encore décidée sur le parti qu'elle prendra vis-à-vis de la Suède, et qu'on a à appréhender encore qu'elle ne puisse procéder à quelque démarche violente, quand même elle ne saurait être trop assurée du secours des cours de Vienne et de Londres.

Federic.

Nach dem Concept.

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112-1 Vergl. S. 107 Anm. 1.

112-2 Vergl. S. 109. 110.