4360. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLINGGRÆFFEN A HANOVRE.

Potsdam, 23 juin 1750.

A mon retour du voyage que j'ai fait en Prusse, les dépêches que vous m'avez faites du 11, du 13 et du 17 de ce mois, m'ont été<404> rendues. Les généralités dont les ministres d'Angleterre se renferment, aussi souvent qu'ils s'expliquent sur les affaires du Nord, me confirment dans le sentiment où je suis à cet égard, savoir que ni l'Angleterre ni la cour de Vienne ne veulent dans le moment présent qu'il éclate des troubles dans le Nord, mais qu'elles veulent laisser dormir les différends qu'il y a entre la Suède et la Russie, et garder une espèce de trêve jusqu'à ce que le temps sera venu où elles auront arrangé leurs affaires et où elles croiront le moment propre pour mettre en exécution leurs vues, à moins que le hasard ne fasse naître quelque nouvel incident auquel elles n'auront point pensé.

Au surplus, désirant fort de vous voir et de vous parler moi-même ici, ma volonté est que vous devez incontinent arranger vos affaires de façon que vous sachiez faire un tour ici, à Potsdam. Vous n'y emploierez qu'un temps de huit ou neuf jours, savoir trois jours pour votre voyage vers ici, trois autres jours que vous passerez chez moi, et les derniers trois jours pour votre retour à Hanovre, en conséquence de quoi je vous envoie ci-clos un ordre pour des chevaux de relai sur votre passage.

Je ne crois pas que pendant un si court intervalle de temps que vous serez absent, il se pourrait passer des affaires d'importance, et d'ailleurs j'estime que le marquis de Valory voudra bien, en attendant, avoir l'œil au guet sur tout ce qui se passera là, avec lequel vous ne laisserez pas de vous concerter là-dessus.

Federic.

Nach dem Concept.