<505> avoir. Je serai encore bien aise de savoir quelque chose de plus précis touchant la composition qui a été faite entre les cours de Vienne et de Turin.

Je vous sais bon gré des anecdotes que vous m'avez marquées touchant Blondel et Carpentier.1

Au surplus, la mort du prince d'Orange aura apparemment fini votre négociation sur la vente,2 et je m'imagine que, vu cet incident, il n'y aura plus moyen de penser à cette affaire.

Federic.

Nach dem Concept.


5171. AU LORD MARÉCHAL D'ÉCOSSE A FONTAINEBLEAU.

Potsdam, 2 novembre 1751.

La dépêche qui vous parviendra à cet ordinaire du département des affaires étrangères, vous marquera ce que nous avons de nouvelles touchant la négociation entre Vienne et Madrid, dont on regarde la convention comme parvenue à sa perfection.

Nous avons appris de Vienne que l'abbé Carpentier, étant sur son départ de Vienne pour retourner dans peu à Paris, a reçu de la Reine-Impératrice pour présent son portrait et du vin de Hongrie. Puisqu'il est aisé de pénétrer que ce présent n'est qu'une honnête corruption pour que cet abbé, après son retour à la cour de France, doive chanter les louanges de la sincérité de la cour de Vienne et me rendre par un contre-coup de mauvais services, j'ai cru nécessaire de vous avertir de cette petite particularité, afin que vous soyez à même de prendre vos mesures là-dessus.

J'apprends d'ailleurs que le sieur Blondel, ci-devant ministre de France à la cour de Vienne, rend encore d'utiles services en France à la cour de Vienne. L'on ajoute qu'il ne doit pas avoir eu honte, après avoir reçu à son départ de Vienne des bijoux pour présent, de faire connaître sous main qu'il aurait aimé d'avoir des tapisseries de Bruxelles. Qu'on ne les lui avait pas promises, mais qu'on lui avait envoyé de belles; marque qu'on en est toujours content. Je ne vous fais remarquer ces petites circonstances que pour vous mettre au fait des trames et des manigances que la cour de Vienne met en œuvre, afin d'inspirer de la méfiance entre la France et moi et pour endormir d'ailleurs celle-là, pour qu'elle ne regarde pas de bien près sur ses manœuvres, en attendant que la cour de Vienne avec ses alliés travaillent à détacher [tout ce que la France] peut avoir d'amis et de l'isoler de tous alliés.

J'ai été fâché d'apprendre qu'apparemment les chemins impraticables par les pluies ont empêché que les dépêches que je vous ai faites régulièrement à chaque ordinaire, savoir du 12 et du 16, ne vous



1 Vergl. die folgende Nummer und S. 490.

2 Vergl. S. 500.