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5254. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN A DRESDE.

Berlin, 25 décembre 1751.

La description que vous me faites par votre dépêche du 21 de ce mois du mauvais état où sont les affaires du Voigtland et du cercle des Montagnes, me font venir la réflexion qu'il faut que l'état des différents cercles diffère bien entre eux-mêmes, par de différentes raisons; que par exemple les affaires du Voigtland sont mal, au lieu que celles de Dresde sont dans une condition supportable, par le fournissement que ce cercle fait des vivres et des denrées qu'il faut pour la cour et la ville de Dresde; que le cercle de Leipzig se soutient par le commerce de Leipzig; le pays de Weissenfels, parcequ'il est moins chargé d'impôts que les autres provinces, et la Lusace, parcequ'elle est gouvernée selon ses propres constitutions, qui ne permettent pas qu'elle soit autant foulée que les autres pays électoraux. Approfondissez si ce que je présume en ceci, est juste, et si les circonstances particulières des différentes provinces diffèrent beaucoup ou non entre elles, et tâchez de satisfaire à ma curiosité là-dessus.

Au reste, continuez à faire bien observer les démarches du lieutenant Neidert à Dresde;1 je ne suis point hors de soupçon à son égard.

Federic.

Nach dem Concept.


5255. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD A STOCKHOLM.

Berlin, 25 décembre 1751.

J'ai bien reçu vos rapports du 6 et du 10 de ce mois. Je ne veux point vous laisser ignorer qu'il m'est revenu depuis peu un avis bien intéressant par un canal secret, mais sur lequel je puis compter2 — au sujet duquel je vous ordonne d'abord et préalablement de me garder un secret absolu et impénétrable — d'une nouvelle trame que les deux cours impériales vont ourdir en Suède, savoir que la cour de Vienne, ayant pris en considération qu'elle pourrait difficilement obtenir son but de brouiller les affaires en Suède et dans le Nord, pour pêcher en eau trouble, a formé, de concert avec la Russie, un autre plan, en conséquence duquel les deux cours impériales feront cajoler au possible le roi de Suède et tâcheront par tous les efforts imaginables de captiver son amitié. L'on me marque que, pour réussir d'autant mieux dans l'exécution de ce plan, l'on y a fait entrer le roi d'Angleterre, qui doit être déterminé d'employer les sommes les plus fortes en argent, pour porter le roi de Suède, vu la modicité de ses revenus, d'embrasser le parti des deux cours impériales et de se détacher de la France et de



1 Ein aus Wien gebürtiger preussischer Officier, der sich auf Urlaub in Dresden befand und im Verdacht stand, eine Desertion zu planen.

2 Vergl. S. 560.