4992. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN A DRESDE.

Potsdam, 3 juillet 1751.

J'ai bien reçu vos dépêches des 26 et 29 passés. Si la cour de Dresde se sent piquée de ce que je ne veux point me relâcher de la prérogative acquise par le traité de paix à mes sujets créanciers de la Steuer, il n'y a pas de ma faute. Qu'elle s'en plaigne, si elle veut, à ses amis, tout homme raisonnable et point prévenu doit convenir que, dans la situation tout-à-fait délabrée des affaires de la Steuer, qui ne saura qu'entraîner une banqueroute complète, surtout après qu'il n'y a nullement à espérer que la cour de Dresde voudrait retrancher à ses dépenses frivoles et inutiles, je ne saurais raisonnablement priver mes sujets de l'unique sûreté qui leur reste, afin de ne pas être enveloppé dans cette banqueroute. Avec tout cela je ne refuserai pas d'entendre de nouvelles propositions et serai bien aise, si le comte Hennicke trouve quelque expédient qui saura terminer notre affaire au gré de son maître et de moi, pourvu que seulement l'obligation de l'article II du traité n'en souffre aucune altération.

Quant aux nouveautés qu'en conséquence de votre susdit rapport les ministres de cabinet à Dresde veulent introduire à la cour,395-2 je veux bien vous dire, pour votre direction seule, que vous devez habilement éviter toute occasion qui saurait vous compromettre avec les ministres à ce sujet, soit en prétextant quelque maladie ou quelque affaire survenue à vous, quand on voudra vous inviter à quelque repas où vous pourrez [être] exposé à vous commettre avec les ministres. De plus, vous<396> laisserez crier les autres ministres étrangers contre ladite nouveauté et esquiverez adroitement de joindre vos cris, avant que vous ne voyez jour que les ministres de cabinet plieront; car vous devez observer que, si c'est vous qui commencera à se récrier contre la nouveauté, la cour de Dresde en mettra le tort sur vous et ne laissera pas de me blâmer auprès de ses amis que c'était moi qui ne cherchât que les occasions de lui faire noise et de lui causer de l'embarras.

Federic.

Nach dem Concept.



395-2 Die sächsischen Cabinetsminister beanspruchten nach Maltzahn's Bericht vom 26. Juni den Vortritt vor den fremden Gesandten.