5141. AU LORD MARÉCHAL D'ÉCOSSE A PARIS.

Potsdam, 19 octobre 1751.

Milord. J'ai bien reçu la dépêche que vous m'avez faite du 8 de ce mois. Je laisse le soin à mes ministres du département des affaires [étrangères] de vous informer par cette ordinaire des nouvelles qui nous sont venues à l'égard de la négociation du traité de subsides entre l'Angleterre et la Saxe, et ne vous fais que la réflexion que je n'aurais du tout aimé que la Saxe se serait raccrochée à la France, moyennant un traité des subsides. Outre qu'il vaut mieux d'avoir un ami de moins, pour ne pas dire un ennemi déclaré, que d'avoir un soi-disant ami, faux et double, la France, en donnant des subsides à la Saxe, n'aurait fait que de jeter gratuitement son argent, et son grand attachement aux deux cours impériales ou plutôt sa dépendance de celles-ci n'aurait jamais permis que la France en aurait retiré aucun fruit. Pour moi, je suis du sentiment que la France a perdu la Saxe : elle réparera aisément cette perte, si elle sait gagner l'électeur de Bavière, supposé qu'il y ait moyen encore de gagner celui-ci.

Federic.

Nach dem Concept.