<446> cette espèce. Milord Tyrconnell avait de l'esprit, mais il était méchant, ce qui nuit fort à la sûreté du commerce.1 Valory était le plus honnête homme du monde, mais la politesse n'était pas son fort. La Chétardie était aimable en société, il aurait été bon ministre, s'il avait eu l'esprit net, mais ses relations étaient inintelligibles. Tout cela me fait juger que l'espèce d'hommes aimables et de mérite sont rares partout, et qu'il faut les estimer, quand on les a. Je n'ose pas vous dire ce que je pense sur votre sujet, pour ne point révolter votre modestie ; mais je ne puis m'empêcher de vous assurer que je suis avec toute l'estime possible votre fidèle ami

Federic.

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig.


5920. AU SECRÉTAIRE VON DER HELLEN A LA HAYE.

Potsdam, 16 juin 1753.

J'ai reçu à mon retour de Prusse vos deux dépêches du 5 et du 8 de ce mois. Je les ai trouvées bien intéressantes et dignes de mon attention,2 de sorte que je m'attends de vous que vous continuerez de me faire des rapports aussi intéressants que ceux que contiennent les susdites dépêches. Vous prêterez surtout beaucoup d'attention aux mouvements que le roi d'Angleterre se donne à l'égard de la triple alliance et par rapport aux vues qu'il peut se proposer pour donner plus de vigueur et de relief à cette alliance.3

Vous approfondirez aussi de votre mieux les bruits sourds qui ont couru par rapport à la prétendue invasion des Tartares de la Crimée dans l'Ukraine russienne, pour me faire votre rapport de ce que vous aurez pu tirer au clair là-dessus.

Federic.

Nach dem Concept.


5921. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE ROHD A STOCKHOLM.

Potsdam, 16 juin 1753.

Vos deux dépêches du 29 de mai et du 1er de ce mois me sont bien entrées. Pour ce qui est du prétendu calme en Turquie, il n'est point tout-à-fait assuré encore, y ayant non seulement des lettres en Hollande qui marquent une grande invasion que les Tartares ont faite dans l'Ukraine russienne, où ils doivent avoir remporté beaucoup d'avantages, et qu'il y avait toute apparence que la Porte avouerait les Tartares et qu'on verrait dans peu la Porte rompre ouvertement avec la



1 Der König schreibt an Darget, August 1752: „La Touche est arrivé ici (vergl. oben S. 178); il nous convient infiniment mieux que le milord. Dieu me le pardonne, j'ai une aversion pour la gent anglaise dont je ne saurais me corriger, ce sont les iniquités du monarque qui rejaillissent sur son peuple.“ Œuvres de Frédéric le Grand, XX, 35.

2 Vergl. die folgende Nummer.

3 Vergl. S. 449.