5. DE LA MARGRAVE DE BAIREUTH.

(Baireuth) 28 août 1732.

Comme j'envoie M. de Voit à Berlin pour y porter la nouvelle de ma délivrance, je ne veux pas manquer cette occasion de vous témoigner, mon très-cher frère, à quel point je vous aime et vous suis attachée. Ces sentiments pour vous ne finiront qu'avec le dernier soupir de ma vie, qui vous sera toujours dévouée. J'espère que vous voudrez bien nous faire la grâce, au prince et à moi, d'être parrain de l'enfant futur;1_7-a je le doue d'avance de vos belles qualités, et il ne pourra qu'être heureux, ayant un tel parrain. Je vous prie, mandez-moi naturellement par cette voie, qui est très-sûre, l'état de vos affaires. Je vous recommande aussi le porteur de cette lettre, qui est un homme de mérite, et qui m'est tout attaché. Adieu, mon<8> très-cher frère; soyez persuadé de la tendresse sans égale que j'ai pour vous, avec laquelle je serai jusqu'au tombeau.



Mon très-cher frère,

Votre très-humble et fidèle
sœur et servante,
Wilhelmine.


1_7-a La Margrave accoucha le 30 août, deux jours après avoir écrit cette lettre. C'est probablement par une méprise que, dans ses Mémoires, t. II, p. 57, elle indique le 31 comme le jour de la naissance de sa fille.