<20>blique d'avoir égard à leurs griefs. Le roi de Pologne donna audience aux députés de ces dissidents; ce qui donna lieu à un senalus-consilium, lequel convoqua une diète extraordinaire. Cette diète s'assembla sous les auspices des troupes russes qui entouraient Varsovie. Le prince Repnin, ambassadeur de Catherine, homme d'un caractère autant emporté qu'audacieux, n'employa que des moyens violents pour subjuguer la diète : il fit braquer du canon contre la salle où les nonces étaient assemblés; il fit enlever l'évèque de Cracovie, celui de Kiovie, et le petit général de la couronne, Rzewuski, tous ennemis déclarés des dissidents, lesquels furent envoyés en exil au delà de Moscou, vers la Sibérie. Les autres nonces furent obligés de limiter la durée de la diète au 1er de février 1767,a et l'on nomma des commissaires munisb de pouvoirs pour conclure les affaires définitivement au nom de la République. Le ministre de Russie, celui de Prusse et ceux des cours protestantes, ainsi que les maréchaux des dissidents, assistèrent aux séances de cette commission; là se signa un actec en vertu duquel les dissidents furent rétablis dans tous leurs droits. Peu de temps après, on procéda à la signature des lois cardinales du royaume, par lesquelles le pouvoir des premières charges de la République fut limité, nommément de celle du grand général; la diète fut obligée de confirmer ces lois nouvelles, après quoi elle se sépara.

Tant d'actes de souveraineté qu'une puissance étrangère exerçait dans cette république, soulevèrent à la fin tous les esprits; la fierté, la hauteur et la dureté du prince Repnin ne les radoucissaient pas; ceux qui occupaient les premières charges, le cœur ulcéré de la diminution de leur pouvoir, ne pouvaient digérer des changements aussi préjudiciables à leur autorité qu'avilissants. Les évêques, dont la moitié du diocèse était composée de dissidents, et qui se flattaient bien


a Probablement 1768.

b Le mot munis manque dans l'autographe.

c Le 24 février 1768.