3. A MYLORD MARISCHAL.

Le 31 décembre 1754.

Mon cher mylord, je suis fort étonné de la barbarie qui règne encore dans les lois de votre gouvernement, après que j'ai abrogé dans tout le pays les restes des usages sauvages de nos anciens Germains. Vous me ferez plaisir et je vous autorise à faire cesser incessamment et la question,289-a et la pénitence des Madeleines.289-b Je sens bien que je serai obligé d'envoyer là-bas quelqu'un de la <259>justice pour mettre le droit sur le même pied qu'on l'a établi ici. Je vous félicite d'avoir attrapé la fin des harangues, mais je me flatte que vous en aurez pour demain, et, si je ne croyais vous importuner, j'y ajouterais volontiers une cicéronienne de ma part, quoique j'espère que vous croirez bien sans harangue que je vous souhaite mille biens le 1er de janvier comme le dernier de décembre, et que je suis avec toute l'estime et l'amitié possible votre fidèle ami.

Plus de Voltaire, mon cher mylord. Ce fou est allé à Avignon,289-c où ma sœur l'a mandé. Je crains fort qu'elle ne s'en repente bientôt.


289-a Voyez t. IX, p. 32.

289-b Abolie en Prusse le 20 juin 1746.

289-c C'est à Lyon que Voltaire alla rendre ses devoirs à la margrave de Baireuth, au mois de novembre 1754. Voyez ci-dessus, p. 62.