6693. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION HELLMUTH- BURCHARD DE MALTZAHN A STOCKHOLM.

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Maltzahn berichtet, Stockholm 28. Februar, über eine längere Unterredung zwischen der Königin und Havrincourt, weiche am 25. Februar in Karlberg nach einer Jagdpartie stattgefunden hat, nach den ihm von beiden Seiten gemachten

Potsdam, 18 mars 1755.

Les dépêches que vous m'avez faites du 28 de février dernier et du 4 de ce mois, me sont heureusement parvenues, et j'ai été bien

Mittheilungen; „J'ai trouvé Sa Majesté satisfaite d'avoir reconnu dans ses façons de parler un caractère de probité et d'honnête homme. Elle aurait souhaité qu'il fût encore entré davantage en matière sur les moyens de rajuster les choses, puisque, quand la Reine lui a demandé ce qu'il y avait à faire, il a répondu qu'il devait s'en rapporter là-dessus aux lumières de Sa Majesté … La Reine m'a permis de lui dire comme de moi que Sa Majesté m'avait paru satisfaite de la manière dont il lui avait parlé. Ce que j'ai fait hier, en lui insinuant que la Reine comptait de multiplier les occasions de le voir, mais qu'en attendant elle ferait semblant pour l'extérieur comme s'il ne s'était rien passé du tout entre elle et lui, et qu'elle serait bien aise qu'il fit de même  : ce qu'il a fort approuvé … Comme il m'a rebattu encore la réponse perpétuelle de ne pouvoir se mêler d'affaires intérieures, et que, s'il le faisait, le Sénat lui reprocherait que sa cour faisait ici ce qu'elle avait déclaré ne vouloir souffrir que d'autres puissances fissent, je ne me suis pas arrêté à contester là-dessus avec lui, mais je lui ai représenté qu'il y avait moyen de s'en mêler avec la délicatesse nécessaire, et que sa cour devait songer au mal qui en arriverait, si elle ne s'en mêlait pas. Il m'a dit de luimême à cette occasion que l'unique manière dont il pourrait se mêler des affaires susdites, c'était, si Leurs Majestés Suédoises exigeaient de lui de leur rendre des services, et qu'alors il agissait dans leur nom, et qu'il cessait d'être ministre de France dans ces occasions.“

aise d'y voir toutes les particularités dont vous m'avez instruit par rapport à l'entretien que la Reine a eu avec le marquis d'Havrincourt. Vous insinuerez à celui-ci que je me flattais d'un très bon succès, s'il voulait prendre plus souvent l'occasion de parler à ma sœur et tâcher de s'accommoder en quelque façon à elle, afin de la faire revenir au possible des mauvaises inspirations que la clique russienne lui donne.90-1 Du reste, j'ai trouvé assez bonne la pensée que le marquis d'Havrincourt a eue touchant la commission que Leurs Majestés Suédoises devraient lui donner, afin de travailler en leur nom à quelque accommodement. Quant à vous, vous tâcherez de concilier au possible ce ministre avec la Reine, ma sœur, en [continuant] de recommander surtout au premier la modération dans ses conversations avec elle, en lui représentant qu'il fallait agir avec douceur à des personnes d'un tempérament aussi vif que celui de ma sœur.

Au surplus, je ne veux point vous laisser ignorer que, dans la lettre que vous m'avez envoyée de sa part,90-2 elle sollicite que je doive vous laisser à votre poste en Suède,90-3 au moins jusqu'au temps de la Diète prochaine en Suède. Quant à moi, j'en serais bien aise et y donnerais volontiers la main; mais, comme vous m'avez marqué que votre santé demandait absolument que vous quittiez la Suède, ce sera vous-même qui en fera l'excuse à ma sœur, en lui représentant l'état malingre de votre santé qui vous obligeait à changer l'air de ce pays-là.

Au reste, j'ai bien voulu vous accorder le passe-port ci-clos pour votre domestique, en conséquence des sollicitations que vous m'en avez faites.

Federic.

Nach dem Concept.

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90-1 Vergl. S. 80.

90-2 Das Schreiben der Königin datirt vom 3. März.

90-3 Vergl. S. 31.